Dompter la peur

Posted on sept 24, 2008 by Boréale in A la croisée des blogs, Savoir se détendre | 19 Comments

(Cet article est ma contribution au travail collectif de résorbtion de la peur engagé par le groupe des blogueurs francophones du développement personnel.)

La peur nous la créons. Elle n’existe que dans notre tête. Un virus généré par notre cerveau lui-même, des connexions défaillantes, des embranchements erronés, et voilà que le virus se développe et le poison se distille dans tous les neurones, se répand dans tout le cerveau, le paralyse. Lui qui était si plein de ressources, le voilà nu. Sans force sans énergie sans courage. Perdu. Ce cerveau aux compétences jadis si aiguisées est présentement vide. Vidé de sa substance par la peur qu’il a, lui-même, généré. 
Et qu’il continue de son propre chef à générer, se flinguant lui-même, s’observant de loin affligé et se répétant inlassablement qu’il n’est qu’un incapable, réduisant ainsi ses ressources déjà gravement atteintes à moins que rien.

Pensant à des circonstances où j’ai dompté ma peur, plein d’idées me viennent en tête : se lancer, arrêter de réfléchir ; vivre l’instant, ici et maintenant ; halluciner en imaginant sa peur comme un animal de compagnie un peu envahissant, certes, mais inoffensif… 
Ces antidotes à la peur peuvent être efficaces dans certains cas. Mais souvent, ils paraissent d’autant plus abstraits que la peur se fait concrète : on ne les comprend vraiment, on n’arrive à les saisir qu’à partir du moment où on réussit à dépasser la peur. Lorsque j’essaie d’appliquer ces préceptes alors même que la peur me gouverne, ils se vident de leur substance, la potion magique ne fonctionne plus. 
Il faut donc travailler à résorber sa peur en amont : travailler la peur elle-même pour la concevoir autrement, comme un moteur et non comme un frein. Travailler son corps et son esprit pour être plus solide lorsqu’elle se présente.

Les principes sont bons et peuvent aider à dépasser la peur 

Je peux me dire « Lance-toi ! Vas-y, et prends le temps d’avoir peur APRES – après seulement – si t’as envie. » Et ça peut marcher. Un exemple : fin août le moment était venu, pas d’échappatoire possible il me fallait commencer à prospecter pour trouver du boulot, en freelance en intermittence ou même – soyons fou – en CDI, dans le domaine des effets visuels. Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, l’idée d’appeler 36000 boîtes pour se faire remercier 9 fois sur 10, on ne peut pas dire que ça m’enchante des masses. Et oui, j’avais peur. Se présenter sur la place de marché et se confronter au mépris et à l’indifférence, voilà une activité qui nuit gravement au moral. Et je le savais. Mais ce que je savais aussi, c’est qu’une fois que j’en ai appelé 5, c’est bon je vais me faire un plaisir d’en emm***** 10 de plus. Comme souvent, le plus dur c’est de commencer.

 

Retourner la peur : en faire un moteur et non un frein.

Curieusement, ce qui m’aide à passer à l’action en l’occurrence est une autre peur : celle de me voir confrontée à des problèmes financiers dans les mois qui viennent.

Prenant conscience de cette peur, j’ai pensé qu’une telle pensée négative passant en boucle en arrière-fond de mon esprit était une vraie calamité, et que je devais trouver le moyen de la concevoir autrement pour qu’elle ne constitue pas un frein.

Au passage : mieux vaut prendre conscience de ses peurs, ne pas les masquer : on peut alors essayer de se construire un antidote sur mesure. 

En l’occurrence, je n’ai pas eu besoin de chercher trop longtemps : de fait, cette peur souterraine peut être très positive ! J’y vois une invitation à se mettre en mouvement. Je risque d’avoir des problèmes financiers ? Plutôt que de me laisser paralyser par l’angoisse – dans ce cas, je peux être SURE que j’en aurai, des problèmes financiers – j’essaie de voir cette peur comme un coup de pied au c** très positif.

« Allez ! T’as des bonnes raisons d’avancer, alors avance !  :-)  La « peur » est toujours là, je ne l’ai pas détruite, mais j’en fais autre chose, j’en fais un outil supplémentaire pour me pousser en avant. Une arme, un moteur, et non un frein.

Et voilà que l’angoisse souterraine, qui me regardait en ricanant, qui s’imaginait déjà pouvoir me manipuler et répandre à loisir ses idées noires dans mon esprit apeuré, en est toute désemparée : et oui ma belle, c’est moi qui gouverne, et je ne vais pas te laisser me paralyser. Et plutôt que d’être la marionnette de l’angoisse, je la malaxe, je la retourne, et j’éteinds sa négativité (pour lui montrer tout ce qu’elle a de bon en elle… :-)  )

Il ne suffit pas de se le dire pour que l’esprit ait capté la différence. C’est un travail conscient, c’est un travail quotidien, jusqu’à ce que cette manière de concevoir la peur devienne une évidence, un réflexe.

Cette 2ème approche est déjà plus concrète que la 1ère, mais si on n’y arrive pas ? Si toutes ces constructions s’avèrent trop fragiles et que l’irruption de la peur les submerge ?

Et quand ça ne suffit pas ? Un travail de fond sur son esprit et sur son corps.

Cherchant une réponse plus concrète, je vois le qi gong, le sport, la méditation, le yoga : renforcer son esprit ; je vois le qi gong, le sport et une alimentation plus saine, renforcer son corps : des travaux au long cours, de vrais engagements, qui ne sont pas liés à une circonstance particulière dans laquelle la peur viendrait nous ôter tous nos moyens. Ils supposent donc qu’on anticipe et qu’on s’y prenne à l’avance, mais les bienfaits à en attendre sont considérables, et pour ce qui nous occupe ici, ils nous permettent :

  • de bâtir/consolider la confiance en soi, grâce à une meilleure maîtrise de son corps et de son esprit ;
  • d’être donc plus solide face à la peur, notamment pour la retourner ;
  • de focaliser notre attention sur nos sensations (plutôt que sur des pensées obsédantes) ;
  • de vider notre esprit (de ces pensées obsédantes).

 

Finalement, le seul geste à faire dès maintenant, dès aujourd’hui, est de s’engager : à apprendre la salsa, à courir tous les matins… d’aller se renseigner et de prendre un abonnement dans une salle de sport, à la piscine ; de s’inscrire à un cours qui nous amène à pratiquer de manière régulière, de s’engager à courir avec un ami : de prendre des engagements concrets. Suivis d’effets.

Sans oublier d’aller voir de temps en temps « La méditation pour les nuls », sur votre blog préféré ;-) , on peut choisir d’acheter le dernier opus de la fameuse série « Yoggons ensemble, méthode ultime », ou l’insubmersible « La méditation facile », sans laisser à ces trouvailles le temps de se couvrir de poussière : libérez-vous une plage horaire uniquement dédiée à votre nouvelle passion : prenez des engagements concrets. Suivis d’effets.

19 Comments

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  1. CoachDom, 24 septembre 2008:

    Je te rejoins parfaitement sur cette incitation à l’action et l’engagement. Le seul moyen efficace de changer est de travailler sur tous les plans, aussi bien physique, mental et spirituel.
    Combien de fois je suis effaré de constater l’inutilité pour un individu d’une démarche qui ne s’inscrit que dans un dialogue confortablement installé dans un fauteuil.
    A part être une belle rente à vie, la progression est quasi nulle, et si évolution il y a elle retombe très rapidement face aux poids des habitudes.
    Et puis surtout changer pour quoi ?
    La plupart des gens ne sont pas conscients d’eux mêmes, et ils cherchent à se changer. C’est voué à l’échec.
    D’abord se recentrer sur soi, apprendre à connaitre qui on est, et ensuite si l’on n’est pas satisfait, alors peut s’entreprendre un changement.

    Merci pour cet article riche.

    Amicalement

  2. Aurelien, 28 septembre 2008:

    Salut,

    Le début de ton article est un peu dur quand même. On se torture assez comme cela pour ne pas en plus mépriser la peur, c.a.d… avoir peur de la peur!

    La peur n’est pas un poison mental. La peur est notre amie, elle sert à nous protéger. Quelqu’un qui n’a aucune peur, cela s’appelle un fou. Le fou fait tout ce qui lui passe par la tête, il n’a peur de rien! Et il faut le mettre à l’asile parce qu’il dangereux pour les autres et lui même…

    La peur est notre amie, elle nous montre comment on est réellement. Elle nous montre que l’on est un animal qui se bat pour survivre quand la mort se présente. Elle nous montre que l’on est un être possessif qui veut tout contrôler quand la peur de perdre survient (alors qu’on finit par tout perdre!). Elle nous montre que l’on est attaché au jugement des autres quand on a peur de vieillir / peur des vieux. Etc etc.

    La peur est une des principales clés de la connaissance de soi. Elle est notre signature.

  3. Boréale, 28 septembre 2008:

    Mince ! Moi qui pensait qu’en parlant de « dompter la peur » plutôt que de « vaincre la peur », je faisais preuve d’une grande souplesse ! ;-)
    La peur est double, en effet, et c’est vrai que je l’aborde ici par sa face sombre, par la face dont on est le plus conscient car c’est celle qui nous limite… mais en effet, l’autre face existe aussi, je ne le nie pas.

  4. Aurelien, 29 septembre 2008:

    Salut Boréale,

    Je ne pense pas que ce soit la peur qui nous limite. Ce qui nous limite, ce sont nos fausses croyances. Selon moi, la peur découle de nos croyances limitantes, et non l’inverse.

    La croyance limitante « racine » la plus développée est certainement la confusion entre l’être et l’avoir, qui fait qu’on croit être en possédant, ce qui conduit à la peur de la perte et au besoin de contôle.

    Il ne s’agit pas seulement de possession matérielle, c’est beaucoup plus vaste dans la mesure où tout est considéré comme une ressource limitée pour laquele il faut se battre, à commencer par l’amour -> peur d’en avoir moins pour soi -> possessivité/jalousie, etc…

    La vie est paradoxale. C’est en arrêtant de tout vouloir contrôler que le contrôle de soi-même s’obtient. Ce que l’on possède finit par nous posséder.

    A+

  5. Boréale, 29 septembre 2008:

    C’est très difficile de parler de la peur de manière générale, car ce mot s’applique à toutes sortes de réalités extrêmement variées : il peut s’agir d’une peur de la dépossession -d’un bien matériel, d’un sentiment…- comme il peut s’agir de la peur de passer sous une échelle…
    Il me semble qu’en écrivant l’article, je pensais davantage à ce genre de peurs sans fondements qui nous limitent au quotidien, qui ne font pas intervenir l’idée de possession -sinon la possession de son libre-arbitre-.
    J’y parle aussi de la peur financière, mais il ne s’agit pas ici d’avoir peur de ne pas pouvoir s’acheter le dernier IPod : il s’agit ici d’AVOIR de quoi maintenir son intégrité physique et morale. Pour ma part, je ne sais pas de quoi je vivrais dans 6 mois. Donc le débat sur l’être et l’avoir me paraît déplacé, le genre de débat qu’on a dans un cadre confortable, quand « l’avoir minimum » est présent et n’est pas en danger. Dans ce cas effectivement on peut l’oublier.

  6. Pierre Morsa, 29 septembre 2008:

    « La peur nous la créons. Elle n’existe que dans notre tête. Un virus généré par notre cerveau lui-même… »

    C’est très vrai. Je suis de plus en plus convaincu que parfois trop penser à un petit problème finit par l’amplifier et à le faire devenir gros. Le meilleur moyen d’affronter une peur est parfois de l’aborder avec un état d’esprit positif.

  7. Laurent DUREAU, 2 octobre 2008:

    Certes il est des peurs que l’on créer dans cette vie mais il y en a d’autres qui viennent de beaucoup plus loin.

    Celui qui est claustrophobe où qui a peur des araignées ou de tout autre forme de vie hérite d’un passé qui le dépasse dans la majorité des cas.

    Taquiner les peurs de surface (celles que l’on se fabrique avec les bêtises culturelles de cette vie) n’ont rien à voir avec la résolution de ce qui est profondément gravé dans notre ADN.

    Quand vous aurez touché des peurs si profondément enfouies et qui appartienne au collectif humain, vous saurez que c’est une autre paire de manche où l’esprit ne peut plus vraiment grand chose.

    Le mental peut détricoter ce qui est superficiel et ce qu’il a construit mais il devient totalement illusoire devant ces autres peurs qui viennent d’un autre part.

    Les peurs liées à l’irrationnel ne pourront jamais vraiment être dissoute par un mental quel qu’il soit. Elles pourront être abordées par quelques techniques communes citées mais en aucun cas résolues définitivement.

    Il est alors demandé de sortir des sentiers battus et de véritablement abordé chaque peur sur le terrain exact où elle est née puis allez la déloger là où est s’est matérialisée.

    Faire le ménage dans son esprit, c’est le plus facile. Puis aller taquiner l’émotionnel, là c’est plus dangereux mais aller la déliée de notre ADN cela relève des travaux d’Hercule.

    C’est possible mais je doute que beaucoup de gens puissent arriver à ce stade de nettoyage car les techniques courantes comme le yoga, la méditation voire le qigong sont du pipi de chat face à l’énergie et à la détermination qu’il faut avoir.

    Et en plein respect des différences, chacun pousse le bouchon aussi loin qu’il désire être en paix.

    Généralement le résultat est à la hauteur des efforts engagés et sincèrement une vie n’est pas de trop pour décaper cette couche si épaisse de nos peurs héritées.

  8. Boréale, 4 octobre 2008:

    Bonsoir Laurent,
    A vrai dire, votre distinction entre peurs héritées de vies antérieures et peurs issues d’expériences de notre vie présente me laisse perplexe, tout simplement parce que l’idée de réincarnation me laisse perplexe : rien ne me permet de penser qu’on se réincarne, rien ne me permet de penser qu’on ne se réincarne pas… Bref, je n’en sais rien.

    Par contre, si vous acceptez ce mot, on peut malgré cela s’accorder à distinguer les peurs « viscérales » de celles qui ne le sont pas. J’entends par « peurs viscérales » les peurs :
    - qui ne trouvent pas leur origine dans une expérience vécue (dans notre vie actuelle). Elles peuvent le cas échéant être renforcées par des expériences vécues, mais étaient déjà présentes, sous-jacentes, avant ;
    - qui semblent partagées par toute la communauté humaine (pour le moins).

    Mais, même en distinguant les peurs viscérales, j’ai du mal à vous comprendre. Dans l’article, je parle notamment de la peur d’avoir des problèmes financiers. Comme je l’ai expliqué plus haut dans les commentaires, j’entends par là non pas la peur de ne pas pouvoir s’acheter le dernier IPod, mais la peur de manquer du minimum matériel nécessaire à la sauvegarde de son intégrité physique et à celle de son mental.
    Or selon moi il s’agit bien là d’une peur viscérale. Elle me paraît unanimement partagée. Elle peut n’être que sous-jacente tant qu’on a un travail stable, tant qu’on a des revenus réguliers et une bonne visibilité de l’avenir. Mais il suffit que ce minimum matériel soit mis en danger pour que cette peur réapparaisse avec toute sa force.

    Si pour vous cette peur-là n’est pas viscérale, si pour vous cette peur n’est pas de celles qui dépassent notre existence, alors de quelles peurs parlez-vous ?
    Je vous avoue que je reste perplexe.

  9. Laurent DUREAU, 4 octobre 2008:

    Bonsoir Boréale,

    Les peurs viscérales viennent en effet d’ailleurs, d’un autre espace-temps et résurgissent souvent au plus mauvais moment pour notre mental et notre façon de voir la vie.

    Elles sont souvent classées dans les instincts mais cela reste une explication trop vague pour être véritablement une réponse.

    J’ai déjà eu l’occasion de voir les réactions de gens face à des situations de crise. C’est stupéfiant comment la majorité perdent leur contrôle face à des faits très simples pour un observateur extérieur.

    Je ne peux rentrer dans les détails avec exemples à l’appui. Tout ce que je constate c’est que si ces peurs viscérales vous laissent perplexes ainsi que la théorie de la réincarnation, c’est que vous n’avez pas encore vécu suffisamment pour les expérimenter directement ou via des proches.

    Ce n’est aucunement un reproche, juste une constatation. Car comme vous le savez, il est difficile de parler de qu’est d’être tomber amoureux à quelqu’un qui ne l’a jamais vécu. Les mots sont insuffisants.

    Quand vous aurez vécu quelques situations vous permettant de découvrir des comportements totalement inconscients en vous-mêmes alors nous pourrons reprendre la discussion.

    Bien cordialement et à l’occasion d’un nouveau commentaire sur un autre article.

  10. Aurelien, 4 octobre 2008:

    Boréale,

    La peur de passer sous une échelle provient du besoin de contrôler sa chance qui provient de la peur de la future malchance. On ne passe pas sous une échelle de peur de se faire voler son Ipod ;) Mais j’ai bien compris ce que veux dire. Cependant je vais persister dans ma voie, histoire de te stimuler dans ta réflexion :)

    Au sujet de la confusion entre l’être et l’avoir… Sans maison je ne peux pas vivre décemment n’est-ce pas. Je suis d’accord. Mais tu seras sûrement d’accord que tu peux vivre décemment dans une autre maison que celle où tu es. Est-ce toi qui possède ta maison ? Ou l’inverse ? Es-tu prête à saisir une opportunité bonne pour toi qui impliquerait un déménagement ?

    Dans 2 mois je serai complètement fauché, sans aucune ressource. Aucune. Mais je dors très bien la nuit, parce que je sais que je suis prêt à saisir la chance quand elle passe, et mon expérience prouve qu’elle passe toujours au bon moment, toujours. Il y a deux ans, j’étais à deux-milles lieues d’imaginer ma situation actuelle, ce n’est pas du tout la vie que je m’étais tracé. Cela a été graduel car jamais j’aurais pu autant lâcher prise d’un seul coup. Et pourtant c’est ce qu’il me fallait et ce qui était bon pour moi.

    Ce que j’essaye de te dire, c’est de ne pas voir ces 6 prochains mois comme une échéance avant la catastrophe, mais comme le temps qu’il te reste pour préparer un nouveau super projet sans trop te laisser paralyser par tes peurs du changement qui comme tu le dis sont des fabrications mentales :)

  11. Aurelien, 4 octobre 2008:

    Laurent,

    Je ne pense pas que la peur soit gravée dans l’ADN, autrement elle serait héréditaire et sans dépassement possible. A l’inverse, une peur que tout le monde possède à la base est la peur de la mort, qui relève du très puissant instinct de survie. Et pourtant des millions de (jeunes) gens arrivent à dépasser cette peur « codée dans l’ADN » en se suicidant.

    C’est bien notre mental qui dirige notre corps et non l’inverse. Je n’ai pas peur parce que mon coeur a décidé de battre plus vite, mais l’inverse. De même, les effets placebo , nocebo, les maladies psychosomatiques, etc… sont le résultat de nos pensées. On essaye de soigner la dépression avec des cachets ou de la drogue, mais cela ne fonctionne tout simplement pas. Seule la compréhension soigne les blessures de l’âme.

    Vous semblez avoir choisi de laisser votre « physique » s’imposer sur votre « mental ». L’objectif des techniques que vous décriez (je suppose que vous les avez étudiées…) est d’arriver à l’inverse, ou plutot de prendre conscience que vous n’êtes ni l’un ni l’autre. En réalité vous êtes un être conscient complètement endormi et prisonnier de son mental / physique. La sensation de vide intérieur vient de cette ignorance.

    Faire le ménage dans son esprit est ce qu’il y a de plus dur. Pour cela les émotions sont de précieux indices à suivre. Voilà précisément le but de la méditation : comprendre ses émotions. D’où viennent-elles ? Qu’est-ce qui les déclenche ? Aller les taquiner n’est pas dangereux, mais libérateur. Cela ne relève pas des travaux d’Hercule parce qu’une fois qu’on a compris l’intérêt, ce n’est pas un effort mais un repos.

    La réincarnation a bon dos. Malheureusement, la nature a décidé qu’on ne se souvient pas de nos vies antérieures (si cela existe). Je pense que la nature est bien faite. Mais certains pensent que là dessus elle a fait une erreur. Ces mêmes gens vous proposent en général de vous libérer de vos blocages antérieurs moyennant finance. Attention où vous mettez les pieds.

    Ce qui est sûr, c’est que personne d’autre que vous ne peut vous libérer de vous-même. N’oubliez pas que votre expérience est le reflet de votre pensée, et non l’inverse.

  12. Boréale, 5 octobre 2008:

    @ Aurélien :
    Tu écris : « Dans 2 mois je serai complètement fauché, sans aucune ressource. Aucune. Mais je dors très bien la nuit, parce que je sais que je suis prêt à saisir la chance quand elle passe, et mon expérience prouve qu’elle passe toujours au bon moment, toujours.  »

    Ca c’est marrant ! Au-delà de mes angoisses passagères, je partage avec toi cette confiance ! :-) Juste après mes études, il me restait de quoi tenir 15 jours… et j’ai rencontré quelqu’un dans le métro, qui m’a donné du boulot !! Depuis ce moment-là, je me dis que j’ai une bonne étoile financière, que ça finira par aller, et en effet, malgré mon statut précaire (pas de CDI, plusieurs employeurs), ça fait quelques années maintenant que ça marche, et que ma bonne étoile financière s’occupe de me sortir de situations parfois un peu trop justes ! :-)

    Ma situation actuelle est un peu particulière, dans la mesure où je suis en train de me reconvertir. Tu écris : « ne pas voir ces 6 prochains mois comme une échéance avant la catastrophe, mais comme le temps qu’il te reste pour préparer un nouveau super projet « … Ben ouais, je suis en plein dedans !! :-) J’ai fait quelques vidéos personnelles, dont apparemment je n’ai pas à rougir auprès des professionnels, je viens de me lancer dans une nouvelle vidéo… mais il me tarde d’en vivre ! J’ai prévu de passer progressivement d’un domaine à l’autre (il s’agit toujours d’emplois ponctuels) mais ce qui m’a inquiété ces derniers temps, c’est de constater que plus ça va, plus mon ancien (et encore présent) boulot me devient insupportable. Et je refuse du boulot pour prospecter : coups de fil, mails, rendez-vous : je suis en plein dedans, et j’ai du mal à être à la fois sur Terre et sur Mars… Mes recherches sont plutôt encourageantes, mais n’ont pas encore débouché sur quelque chose.

    Du coup je suis partagée, entre l’idée de foncer dans mon nouveau domaine de prédilection, en comptant sur ma bonne étoile, et la raison qui me conseille de mettre de l’eau dans mon vin, et de tenir encore avec mon ancien boulot, alors que je ne le supporte plus et qu’il me coupe de mon apprentissage et de mes recherches.

    Pour finir, je précise que j’ai décidé de gagner, fin 2009, 2 fois plus que ce que je gagnais fin 2007 ! Vu la situation économique actuelle, je me demande quel moyen je vais trouver pour y arriver ! :-)

  13. Laurent DUREAU, 5 octobre 2008:

    @ Aurélien

    1 – Le suicide n’est pas surmonter la peur de la mort, c’est de ne pas être capable de surmonter celle de la vie ! La lâcheté ne peut être en aucun cas plus forte que la mort.

    2 – Comment d’après-toi, l’ADN est-il programmé ? A quel moment ? Seulement après avoir eu ses réponses, tu pourras savoir qu’est-ce qui est programmé. D’après toi, grave-t-on des plaisirs ou plutôt des expériences à vivre ?

    3 – Quand ton mental écoutera l’autorité intérieure ou la petite voix intérieure qui se trouve dans ton corps et pas dans ta tête alors l’être humain commettra nettement d’erreur quand à sa capacité à s’épanouir et à s’aimer lui-même. Juste pour info, il existe 5 petites voix distinctes mais une prendra le dessus sur les autres. Ce n’est que dans le cas où les 5 voix sont absentes que le mental doit alors rentrer en action et cela reste statistiquement assez rare. Il faut être un occidental pour affirmer que le mental mène la danse…

    4 – On ne fait pas le ménage dans son esprit mais plutôt dans son mental car l’intellect y sévit un max. L’esprit lui est plutôt clair et contrairement aux idées reçues, l’esprit n’est pas dans la tête tout comme la mémoire d’ailleurs…

    5 – La nature sait se découvrir à celui qui sait être sage, humble et sûr. C’est la raison pour laquelle les vies antérieures sont occultées dès la naissance. Et puis, avec un certain travail, vous pourrez accéder à vos vies antérieures selon les nécessités de votre évolution et compréhension. Il est clair que pour en parler, il faut y avoir déjà accèder.

    6 – Une technique ne s’étudie pas, elle se pratique. Donc il n’est pas nécessaire de comprendre quelque chose pour savoir l’utiliser.

    7 – Je suis aussi d’accord sur seul l’individu peut se libérer par lui-même donc exit les pilules et les marchands de solutions miracles.

    8 – Dans le Développement personnel, il y a à manger pour tout le monde et chacun pense y détenir quelque vérités. Je dirais simplement comme une personne, il y a 2000 ans : On reconnaît l’arbre à ses fruits.
    Pas besoin de discourir pendant des heures sur ceci ou cela, juste à ressentir si l’autre qui parle est bien dans ses baskets et s’il rayonne d’une paix et d’un amour suffisant pour que vous ayez envie d’apprendre.
    Le reste n’est que bla-bla-bla pour un intellect qui veut se croire au-dessus de toutes les autres parties de son corps. Enfin bref, le schéma que l’homme déroule aujourd’hui face à la nature mais on sait tous qu’en définitive c’est la nature qui aura le dernier mot…

  14. Aurelien, 5 octobre 2008:

    Boréale,

    Oui c’est marrant! Perso ca confirme juste mon impression que t’as les ressources necessaires pour assurer ton bonheur. Tu fais preuve d’une capacite d’entreprendre via ton blog et tes activites… Et tu partages ici des prises de conscience que tout le monde est loin d’avoir… C’est pas comme si tu etais illetree! Tu as clairement la capacite de reussir ce que tu veux faire!

    Concernant :
    « Du coup je suis partagée, entre l’idée de foncer dans mon nouveau domaine de prédilection, en comptant sur ma bonne étoile, et la raison qui me conseille de mettre de l’eau dans mon vin, et de tenir encore avec mon ancien boulot, alors que je ne le supporte plus et qu’il me coupe de mon apprentissage et de mes recherches. »

    J’ai aussi ecris cela dans mon blog consacre a la decouverte de soi au travers de la seduction:

    « Un peu comme quelqu’un qui a fait dix ans d’études et qui réalise une fois qu’il a eu son diplôme que son métier ne le rend pas heureux, il se dit que c’est trop tard. Il se résigne à continuer ainsi toute sa vie, sans réaliser que plus il attend et plus ce sera dur. Il renonce a se reconvertir parce que la souffrance nécessaire au changement n’est pas encore assez forte. Heureusement pour lui, elle va s’accroître au fil du temps. La nature est bien faite quand même.

    Ainsi, l’homme choisit délibérément de souffrir plus afin d’avoir un jour le courage de changer. La femme n’est pas différente. Une caractéristique davantage féminine que masculine est de rester en couple avec un mec qui la fatigue parce qu’aussi dure que soit sa relation, cela reste plus facile à supporter que le vide de la solitude. Elle prend le temps d’accumuler suffisement de ressentiment pour avoir le courage de s’en aller sans faire demi-tour une fois seule. »

    :)

  15. Boréale, 5 octobre 2008:

    Figure-toi que je l’ai lu sur ton blog aujourd’hui même ! ;-)

  16. MUM, 5 octobre 2008:

    Je laisse résonner tes paroles et soudain je pense à la Tour de Jean sans peur, visible de ta fenêtre. C’était un homme frustré, sans scrupules et cruel au point de faire assassiner son cousin, Louis d’Orléans, le père de Charles le poète, provoquant ainsi la guerre civile. Un autre souvenir qui me revient est un texte court, affiché au mur dans la chambre de mon grand’père où je lisais en néérlandais : De mens lijdt vaak het meest door het lijden wat hij vreest, maar wat niet op komt dagen …. L’homme souffre plus par ce qu’il craint de ce qui va lui arriver, mais qui ne se produit pas …Des phrases qui permettent de se remonter les bretelles et d’aller de l’avant.
    Voilà une petite pierre apportée à la discussion. Bisou Mum

  17. Boréale, 6 octobre 2008:

    :-)

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