Comme je le disais au 1er épisode, si on veut être efficace, il faut tenir compte au maximum de notre humeur/inclination du moment : si on veut faire un travail créatif tandis que notre inclination est reptilienne, ou encore si on veut faire un travail constructif alors même que le cerveau reste bloqué sur le mode éthéré, le résultat est au pire catastrophique, au mieux parfaitement inefficace.
J’ai distingué 5 modes d’inclination, et j’ai essayé de définir les différents travaux qui leur correspondent, avec dans l’idée d’agir comme suit :
1/ Quelle est mon inclination présente ?
2/ Il vaut donc mieux que je m’attaque à tel travail plutôt qu’à tel autre, si je ne veux pas jeter mon travail par la fenêtre à la fin.
Vous trouverez un peu plus bas la liste des tâches que j’ai définies pour chaque mode. Cette liste est personnelle, dans la mesure où je pense à des travaux qui me sont propres. Mais je vous invite à poser un papier et un crayon dans un coin de bureau, et à noter peu à peu les différentes correspondances que vous trouverez dans votre propre travail.
L’utilisation de cette méthode, surtout au début, demande une attention soutenue à ses propres réactions et à ses propres résultats concrets, pour comprendre comment on fonctionne personnellement : on a tous des manières différentes de réagir, devant tel type de travail ou devant l’irruption d’une inclination présentement indésirable.
Bref, après c’est du sur-mesure. A chacun de rester attentif à ses propres réactions pour se construire une méthode parfaitement taillée. Mais la grille d’analyse me paraît valable, et faire l’effort d’avoir conscience de son propre fonctionnement ne peut avoir que du bon. Non ?
1/ Mode créatif
Travail de recherche libre
Exercices créatifs à partir de tutos
Trouver des correspondances entre des images, des sources d’inspiration différentes… ou entre telle atmosphère et telle technique
Utilisation créative de mes compétences : invention de techniques, utilisation originale d’un effet…
2/ Mode analytique
Observation de sa propre manière de fonctionner. Dissection
Observation du travail en cours, des résultats obtenus
Recherche de la synthèse
Prises de décisions qui en découlent : Choix créatifs, et choix concernant l’organisation du travail : établir les priorités, définir le type de travail que je me sens capable de faire maintenant de manière efficace en tenant compte de mon inclination.
3/ Mode constructif
Obsession : Faire, avancer. Réaliser ce qui a été décidé en amont.
4/ Mode reptilien
Maintenance informatique : nettoyage, rangement des fichiers, classements, install. de logiciels…
Travail sur le détail, approfondissement, lissage. Le perfectionnisme en action
Formatage, tout le travail d’arrière-fond consistant à paramétrer un logiciel, à chercher dans l’aide comment faire ce truc-là qui m’emmerde tout le temps : tous les travaux de forage en profondeur.
L’apprentissage brut : via bouquins ou via tutos.
Recherche de sources.
Repassage et méditation !
5/ Mode éthéré
Mode qui échappe par nature à la tour de contrôle analytique. Dans ces moments-là :
- Envie qui me submerge de sortir du cadre, de faire ou d’inventer de manière folle, de me balader au royaume des idées : il n’existe plus aucune contrainte, aucune analyse. Visions précises ou balade aveugle, c’est selon.
- Envie de découvrir, tout !
Dans ces moments-là, éviter absolument le travail constructif : efficacité zéro, je fais n’importe quoi. L’utiliser soit en amont soit en aval :
- au tout début du projet ou d’une séquence, mais en passant absolument par le filtre analytique, qui valide ou pas, sans quoi je construis dans tous les sens. (Même une vision très claire au début perd de sa précision et peut se perdre complètement au contact avec la réalité du boulot, avec ses contraintes.)
- En aval : peut apporter la touche qui tue au travail grossièrement modelé.
+ pour toute la partie « découverte » du travail : Ouverture totale aux idées, aux images, aux techniques et apprentissages que je peux glaner.
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(Bonne résolution
)
Il est indispensable de distinguer ce mode-là des autres, pour pouvoir le contenir s’il s’invite sur un travail constructif, notamment. Quand je suis en mode éthéré, c’est un choix : j’accepte à tel moment de lui laisser libre cours, mais si je favorise un autre mode pour accomplir une tâche précise, le mode éthéré doit absolument être bridé.
Bon, je trouve ça un peu triste de finir sur un bridage de l’inclination plutôt que sur la merveilleuse harmonie que constituerait un travail urgentissime mené de main de maître par un cerveau en pleine possession de ses moyens, aux moyens démultipliés même, par le soutien actif et plein d’entrain d’une inclination réconfortante, encourageante, etc.
Si des fois vous sauriez comment atteindre l’Harmonie, ça m’intéresse ! Si vous avez une technique qui tue, une formule magique capable de rallier les contraires, déposez-là donc d’un coup de baguette dans les commentaires !
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