Peut-être vous êtes-vous dit, à la lecture du premier article : « oui bon peut-être, je peux changer, j’évolue je sais bien, mais je ne réussirai jamais à atteindre tel but : il y a des choses intangibles :
- « j’ai tel physique, objectivement j’aurai toujours un gros nez «
- « je suis trop âgé(e), objectivement dans la société telle qu’elle est, je ne peux plus faire…. »
- « je suis trop âgé(e), objectivement, physiquement, je ne peux plus faire…. »
- « objectivement je n’aurai jamais ce talent… »
Bien. Et objectivement, quel est l’effet de ces phrases qu’on se ressasse ?
- elles nous dépriment, là maintenant, aujourd’hui;
- elles ne nous font pas avancer d’un iota. Au contraire même, elles nous immobilisent.
Par conséquent, pour une simple question d’efficacité, permettez-moi de les déborder.
En fait, quelle que soit leur validité, elles posent problème en focalisant toute notre attention sur l’objectif ultime. Au milieu,un fossé. D’un côté, cet objectif – généralement bien circonscrit -, et de l’autre, notre situation actuelle, pour nous montrer à quel point l’objectif nous est et nous sera à jamais inaccessible.
Dans ce schéma, toute l’évolution possible de l’un à l’autre, tout le mécanisme, le processus du changement, sont passés sous silence. Niés, étouffés, invisibles et donc inexistants.
Et c’est bien là un état d’esprit qu’il faut écraser fermement si on souhaite un tant soit peu avancer.
Un mot d’abord sur la validité de ces phrases néfastes. Dans bien des cas :
- Bâties sur un dualisme tranché, elles tendent à généraliser facilement l’impossibilité objective :
>>> »j’ai un bouton sur le nez » >>> « Je suis entièrement moche » >>> « et je le serai toujours » (tant qu’à faire, autant enfoncer le clou)
>>> »je suis trop vieux » >>>> « Je ne peux plus RIEN faire. » - Elles génèrent elles-mêmes le problème qu’elles déplorent
>>> »Je suis pas doué avec les gens, je suis coincé en société (et je le serai toujours) » >>> dès que je suis en société, j’agis en fonction de ce que je crois être, et donc en l’occurrence je me coince moi-même. Ce qui bien sûr va me donner de quoi alimenter mon angoisse.
>>> »Chacun sait combien je suis bordélique » >>> je joue à être bordélique alors qu’au fond ça ne me plaît pas.
>>> »Je n’ai pas assez de volonté » >>> je bloque ma volonté, je l’empêche de m’aider.
Et dans tous les cas, qu’elles soulèvent un écueil réel ou pas, elles bloquent la pensée et le mouvement : on reste dans la contemplation désolée dudit problème, sans lui chercher de solution.
« Bah non, puisqu’il n’y en a pas ! » Et voilà, CQFD on est bien avancés. Merci d’être passés.
Bien. Plutôt que d’observer ces phrases de face – muraille infranchissable -, considérons-les d’en-haut. Elles paraissent tout d’un coup bien fragiles.
Sur quoi reposent-elles ? Elles reposent sur un état d’esprit dualiste – et le favorisent -. D’un côté la situation présente, de l’autre un inaccessible idéal. Inaccessible par définition.
C’est une manière de voir les choses.
On n’est pas obligés de se laisser enfermer.
On n’est pas obligés d’avoir les yeux rivés vers une étoile inaccessible qui nous fait rêver et nous déprime à la fois.
On peut regarder devant nous. On peut s’attacher davantage au PROCESSUS qu’à l’objectif. Observer nos progrès. Se concentrer sur le modelage au quotidien de notre identité.
Observons maintenant de loin l’état d’esprit initial, si tranché. En supposant qu’on arrive à avancer vers l’inaccessible étoile :
- si n’on arrive pas à sa réalisation pleine et entière, on sera amer et on se sentira en échec ;
- on verra l’échec comme un échec : ce qu’il peut nous apprendre n’aura pas de valeur en soi ;
- et on aura beaucoup de mal à l’atteindre, car tout au long du chemin, on sera incapable de nourrir notre motivation des progrès et avancées déjà parcourus. Le chemin parcouru, face à la resplendissance de l’idéal à atteindre, nous paraîtra bien terne.
Que d’éléments négatifs !
Et quel manque de clairvoyance ! car si en effet cette manière de voir rend notre objectif plus difficile à atteindre, alors on a tout intérêt à l’abandonner !
Attention ! Je ne prétends pas ici qu’il ne faut pas se fixer d’objectif clair, qu’il faut refuser l’ambition et de ne s’en tenir qu’à des objectifs « réalistes ». Une ambition démesurée peut aussi être un moteur extraordinaire. Mais je dis simplement : « Ne nous laissons pas tétaniser par cet objectif. »
Même si on a en tête un objectif lointain et ambitieux, extraordinaire et lumineux, mettons-le en veilleuse et observons le chemin. Les effets positifs de ce nouvel état d’esprit ne tardent pas :
- la satisfaction à court terme : le chemin parcouru prend toute sa valeur, les efforts accomplis sont reconnus et ont de la valeur pour eux-mêmes, sans être écrasés par ce but qu’on n’a « toujours pas » atteint.
- … ce qui nourrit la motivation tout au long du processus. On a donc plus de chances d’aboutir à terme.
- On se laisse goûter au plaisir de changer, au plaisir de s’améliorer, au plaisir d’apprendre : si on aime – aussi – l’évolution pour elle-même, la satisfaction est immédiate.
- On se laisse goûter au plaisir de vivre au présent, sans encapsuler son bonheur dans un avenir par nature hypothétique.
- … ce qui nourrit notre énergie. Là encore, plus de chances d’aboutir.
Par conséquent, pour bien commencer, au lieu de penser : « Je veux être ceci, avoir cela », attachons-nous donc à penser – aussi :
- « je veux apprendre à… »
- « Je veux améliorer… » « favoriser… » « développer… »
- « je veux limiter … »
- « je veux progresser vers… »
- « J’ai envie d’avancer ».
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jJVabv That’s way more clever than I was epxecntig. Thanks!
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