Et le sommeil polyphasique au quotidien, après 2 mois et demie, ça donne quoi ? Après avoir abordé globalement de grands changements dans mes deux articles précédents, voici mon expérience par le menu. A l’attention des curieux et de ceux et celles qui pourraient se laisser tenter par l’aventure…
Infos pratiques
- Tout d’abord : non ! Je ne suis pas épuisée ! J’ai des moments de fatigue bien sûr, plus ou moins intenses, mais pas plus qu’avec le rythme ordinaire !
Et je parlais dans le premier article de ce bilan de ma visite chez l’ostéo : ça va plutôt… très bien !
- Je me déshabitue du rythme ordinaire : après plusieurs journées de travail très chargée la semaine dernière, j’ai dormi une nuit de 7 heures : que n’avais-je pas fait !! Au réveil j’étais totalement vaseuse, comme si vous dormiez 12 heures ou plus : la tête en vrac, le corps tout mou, et une migraine qui m’a poursuivie toute la journée. Et je trouve que dormir longtemps fait mal au dos, même sur un bon matelas.
- Je m’habitue toujours un peu plus au rythme polyphasique : il me semble que je m’endors globalement plus facilement qu’au début : 2/3mn au lieu de 5mn en gros. Cependant, c’est une généralité qui connait encore beaucoup d’exceptions : par périodes, les angoisses du moment entraînent un temps d’endormissement plus long, de 7 à 10mn voire plus. Ce temps d’endormissement trop long est, d’après mon expérience, le principal écueil du sommeil polyphasique : il dérègle tout son bel ordonnancement et j’accumule de la fatigue, alors qu’en période plus sereine, ça marche super bien.
- Pour ce qui est de la longue sieste nocturne de 3 heures, elle a trouvé sa vitesse de croisière. Sachant que mes cycles de sommeil étaient de 1h35 et non de 1h30, j’ai calculé 3h10 de sommeil + 3mn d’endormissement. En général, je suis alerte au réveil.
- Il me semble que je n’ai pas encore trouvé la durée idéale de mes petites siestes : je suis presque toujours un peu endormie au réveil… Je crois que je pourrais diminuer de 2mn la durée de ces siestes : cette semaine, j’ai été amenée à faire 2 très courtes siestes d’affilée, et j’étais pourtant étonnamment alerte ! Plus alerte me semble-t-il que d’ordinaire.
(j’ai essayé cette semaine de raccourcir les siestes, mais le moment ne s’y prête pas : la situation économique angoisse pas mal celle qui est en pleine reconversion… pas le meilleur moment pour chercher du travail. Du coup, je prends plus de temps à m’endormir et mes savants calculs se retrouvent par terre. J’essaierai cependant ultérieurement.)
- Les choses évoluent progressivement : quelle que soit la sieste (20mn ou 3h), si j’ai pris plus de 5 mn à m’endormir, il m’arrive de plus en plus souvent d’éteindre le réveil quand il sonne et de me rendormir… pour quelques minutes, après quoi je me lève de moi-même ! Il y a encore un mois, dans une telle circonstance, il m’arrivait souvent d’appuyer sur le réveil en maugréant, de me rendormir illico… pour bien plus longtemps !
- Le temps d’endormissement n’est pas plus long si je dois décaler une sieste : je m’endors aussi bien (ou aussi mal) à 10 ou 14h qu’à midi. Ce qui offre une certaine souplesse, mais il ne faut pas abuser : quand je commence à piquer du nez, je m’éteins très nettement. Ayant besoin d’une dose de sommeil toutes les 5 heures, j’ai beaucoup moins de résistance que quelqu’un qui a dormi une nuit entière.
- Les très grosses journées de travail extérieur sont les plus difficiles à gérer : si je dois me lever à 4h30 ou 5h30, impossible de faire ma première sieste de 6h54. Je suis bien obligée de faire une nuit entière (très courte) pour ne pas être épuisée. Si par contre je peux assurer cette première sieste, et celle de midi, ça me permet de garder à peu près mon rythme. Mais il me faut quand même rattraper le sommeil manquant (de la 3ème sieste souvent) par la suite, soit par une sieste nocturne plus longue (voire une vraie nuit, mais visiblement ce n’est pas l’idéal), soit en multipliant des mini-siestes quand je peux. Je n’ai pas encore trouvé la formule magique.
- En ce qui me concerne, je travaille toujours à des endroits différents… au confort très variable. J’ai besoin d’un minimum de confort (de la chaleur en particulier), sans quoi je n’arrive pas à dormir. Mais si les conditions s’y prêtent, il m’arrive de très bien dormir ! Cependant, c’est en général chez moi que je dors le mieux. (Bon, c’est quand même un peu pénible de se déshabiller 4 fois par jour… mais faut savoir ce qu’on veut… non ?)
Et les autres ?
- Les réactions autour de moi ? Etant actuellement célibataire, je ne peux pas vous parler des incidences sur la vie de couple ou de famille (mais certains se sont lancés malgré tout. C’est sans doute plus difficile… pas impossible).
- Du côté des copains, ben… on m’observe avec curiosité !
- Il m’est arrivé de rencontrer des réactions carrément épidermiques. C’est curieux, comme si j’avais touché à un tabou. Ca se traduit par une opinion très défaîtiste, très négative… voire même un éloignement physique ! Je pense en particulier à une personne à qui j’en parlais, qui s’est immédiatement retranchée de 2 mètres…
- S’agissant des potentiels employeurs que je rencontre, cette bizarrerie attise plutôt leur curiosité. Il faut dire que je postule dans un domaine où on est amené à travailler de manière très irrégulière, avec pas mal de nuits blanches à la clé… cependant, j’ai l’audace de penser qu’un travail régulier chez un seul employeur n’est pas forcément un frein : de fait, la régularité du rythme de travail peut aider à mettre en place un rythme polyphasique régulier.
- Restent les jugements des autres au travail. Reste, le cas échéant, de convaincre l’employeur de pouvoir aménager quelque peu la journée de travail. Mais pour ce que j’ai pu constater avec mes employeurs et collègues de travail, dans mon domaine, c’est la curiosité qui l’emporte. On me pose beaucoup de questions. Si vous voulez vous lancer, peut-être faut-il enrober le nouveau rythme sous un jour alléchant, en mettant en avant la maîtrise de soi, en le présentant comme un truc super hype, du XXIème siècle ? Reste qu’il faut exister à son travail en-dehors de cette bizarrerie, pour éviter que les gens pensent sommeil polyphasique à chaque fois qu’ils nous voient…
- Et puis… Il faut quand même une bonne dose de volonté pour garder son rythme sans se laisser entraîner par le rythme des autres, notamment quand tout le monde va déjeuner…
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10 Comments
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Cool, la 3ème partie
Ah oui, se déshabiller 4 fois par jour, ca fait bizarre. Mais c’est quand même plus agréable pour dormir.
Pour l’incidence sur le rythme de travail c’est vrai que ca peut être le plus délicat, je me vois mal dire à un patron que j’ai besoin d’arrangements sur ce point
Heureusement je n’ai pas ce problème, avec le rythme Dymaxion j’ai pu placé l’heure de mes siestes sans que ca interfère avec quoique ce soit, à part pour la pause déjeuner.
Je suis étonné qu’une personne en soit venu à se reculer de 2m de toi, y’a des gens bizarres ^^ .
Bonne chance pour tes entretiens.
bonsoir!
j’ai visionné toutes tes vidéo sur ton expérience du sommeil polyphasique, et j’y pense depuis quelques jours, je me lance. je me suis imposé comme rythme une sièste longue de 5h à 8h, puis des courtes de 20minutes à 13h, 19h, minuit, qui me semblent adaptées à mon emploi du temps. je commence juste alors voilà je voulais l’écrire quelque part pour affirmer mon engagement! ton blog m’a l’air passionnant et ça devrait pouvoir m’aider à me maintenir éveillée durant la phase d’adaptation je l’espère! je suis végétarienne (presque végétalienne), passionnée de bouddhisme et d’après ce que tu dis ça peut aider.
merci encore et bonne chance pour la suite
Salut Iris !
En voilà une bonne nouvelle ! Je te souhaite une pleine réussite ! N’hésite pas à venir me donner de tes nouvelles !
Y a quand même un truc qui m’étonne dans ce que tu écris : tu prévois une sieste longue de 5 à 8 heures ? Mais c’est presque une nuit normale !
ah oui je me suis mal exprimé et si tu as compris ce que je comprends que tu as compris je comprends que tu ne comprennes pas. pardon… je commence à être fatiguée! je voulais dire que ma sièste de 3h serait de 5à 7h du matin… ça te paraît cohérent?
je me demandais aussi quelque chose: d’après ce que j’ai compris, avec de l’entraînement on finit par plonger direct en sommeil paradoxal lors des sièstes courtes. mais ça devrait être aussi le cas lors d’une plus longue de 3h non? est ce qu’alors on bénéficie de 3h de sommeil paradoxal? j’ai quelques doutes encore sur les risques que cela peut engendrer étant donné le peu d’études scientifiques sur des expériences à long terme. mais bon je suis motivée et pour l’instant un peu crevée mais j’ai prévu de quoi m’occuper!
Attention, ces 3 heures correspondent à 2 cycles entiers : le corps suit alors le rythme ordinaire.
Je peux te conseiller un excellent bouquin (enfin, pdf), si tu lis l’anglais :
http://www.puredoxyk.com/index.php/2008/06/03/ubersleep-publication-yeah-you-heard-me-3/
écrit par une spécialiste !
Pour ce qui est des effets sur le long terme, je me pose moi aussi pas mal de questions, sans réponses pour l’instant…
Bonjour Boréale.
Pour ce qui est des réactions épidermiques, je comprends, et je partage. Depuis toujours, j’ai remis en question les deux grands tabous qui sont « il faut dormir 8 heures par nuit » et « il faut manger 3 fois par jour » en expérimentant le manque de sommeil et le jeûne. Les gens parlent toujours de quantité, pas de qualité, et refusent de réfléchir à leurs habitudes, qui sont pourtant plus culturelles que naturelles… Du coup, quand on remet en questions ces « limites » soit-disant « naturelles », on fait tomber des tabous, ce qui met certaines personnes très en colère. Je ne sais pas pourquoi !
@ quidortdort :
Tu écris : « Les gens parlent toujours de quantité, pas de qualité » : tout à fait d’accord ! Je rajouterais même, pour ce qui est du sommeil, le facteur régularité. Avant, je n’avais pas conscience de l’importance de la régularité des horaires. Et je pense que c’est valable aussi pour un rythme normal, non polyphasique. Il me semble que c’est juste moins évident.
Oui, je suis d’accord. Mais c’est surtout moins évident parce que beaucoup de gens dorment trop (comme ils mangent trop).
Merci pour ce blog en tous les cas !
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