Voici donc la suite du bilan de ce qui s’apparente à une métamorphose… Le sommeil polyphasique semble avoir été un déclencheur : certains changements étaient déjà entamés, d’autres étaient en germe, mais tout se passe comme si le changement total de rythme de vie avait mis les compteurs à zéro : les changements entamés ont franchi un palier ; les envies de changement encore en germe ont trouvé là l’élan qui leur manquait pour se concrétiser, et d’autres changements se sont présentés d’eux-mêmes…
26 juillet 2008, temps zéro d’une… nouvelle vie ?
Très vite au début de l’expérience, j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé mon rythme de vie. Le rythme de vie qui me convenait, aussi improbable soit-il. Très vite, j’ai eu le sentiment que les nuits entières du rythme ordinaire avaient été pendant toutes ces années un fardeau. Il ne m’apparaissait pas comme tel à l’époque, car c’était comme ça, c’était la norme, je ne pouvais pas imaginer qu’un autre rythme de sommeil soit possible.
Cette découverte a été fondamentale et c’est elle, peut-être, qui a servi de déclic à tout le reste : à partir du moment où je pouvais intervenir – et modifier de fond en comble – quelque chose qui me paraissait aussi inamovible que le sommeil… tout était possible !!!
J’ai voulu détailler ici en quoi le sommeil polyphasique est devenu pour moi une manière extrêmement bénéfique de structurer mon temps. A la suite de tant d’éléments positifs, vous vous demanderez peut-être si c’est de la magie s’il n’y a pas quand même des ombres à ce tableau idyllique. Bon, j’ai donc poussé la réflexion… histoire de donner aux moqueurs amusés un peu de grain à moudre !
C’est vrai qu’un tableau tout rose, c’est un peu fade ! A vous d’en juger !
Une nouvelle manière de structurer son temps.
C’est une rigueur nouvelle, comme imposée de l’extérieur : je n’ai pas à me battre contre moi-même en permanence, je n’ai pas à choisir, chaque jour, à quelle heure je vais me coucher : tout est minuté, 6h54, 7h16, 12h17… Pour quelqu’un comme moi qui remettait toujours le sommeil à plus tard, soit parce que j’avais toujours « mieux à faire », soit par peur de l’insomnie, c’est un soulagement. Et l’absence même d’une période de sommeil interminable de 8 heures est un soulagement : si en effet je suis très occupée et je n’ai pas envie de me coucher, je me raisonne en me disant que 20 mn, c’est rien, 3 h c’est peu, ce n’est qu’une brève interruption je serai de retour bien vite. Du coup j’accepte plus facilement de me coucher.
Le sommeil polyphasique structure aussi la journée, puisqu’elle est désormais découpée en tranches d’environ 5 heures, séparées par les siestes. Je fonctionne donc désormais par période.
Je trouve beaucoup plus facile de faire preuve de rigueur en fonctionnant par période : certaines activités ont leur horaire précis, comme le qi gong vers 2h30. Je me permets certaines activités pendant une période précise et me les interdit le reste du temps : le surf sur le net par exemple m’est permis 2 fois par jour – quand je travaille chez moi – et ces règles m’aident à supporter des périodes de boulot pénibles, ou les 1001 petites actions – de la prospection, du quotidien… – qu’on aimerait tellement remettre à plus tard. Et au final, devinez quoi ? Je suis plus efficace !
D’accord, une organisation stricte du temps est possible sans en arriver au sommeil polyphasique… mais pour ma part je trouve ça vraiment très difficile, et ce encore plus quand on est libre d’organiser une bonne part de son temps comme on l’entend.
Le sommeil polyphasique n’aurait peut-être pas le même effet pour quelqu’un qui mène déjà une vie réglée, par des obligations familiales et/ou par un travail régulier… Pour ma part, dans ma vie sans contraintes temporelles régulières, c’est une révolution ! Et un soulagement énorme. Voilà sur quoi s’appuyer. Voilà une base sur laquelle construire. La vie que j’ai mené jusqu’ici ne m’a pas empêché d’être toujours très active, soit au travail soit pour différents travaux personnels, et j’ai notamment appris (à peu près) à gérer des projets personnels sans que personne ne m’y oblige, sans qu’un rythme imposé ne m’y oblige, mais tout ceci s’est toujours passé dans le vide absolu de la liberté totale. Donc avec beaucoup d’aléatoire, donc avec beaucoup d’inefficacité. Je pense.
Par ailleurs, cette nouvelle structuration du temps entre en concurrence avec le seul rythme imposé existant (dans ma vie), celui du travail. Vient le combattre, je dirais même, car ce rythme de travail – totalement aléatoire, en général je ne sais pas où je travaillerai la semaine prochaine, parfois même le lendemain, tout ceci pour différents employeurs avec différentes équipes en différents lieux et avec les horaires les plus baroques, de jour, de nuit, 40 heures d’affilée ou le week-end comme la semaine indifféremment… – est peut-être structurant à court terme pour le travail lui-même (il y a des horaires, des échéances, des actions précises) mais est surtout parfaitement déstructurant pour ce qui est de ma vie.
Le sommeil polyphasique est une structure qui « lisse » le rythme de vie, en s’imposant (le plus possible) pendant les jours travaillés comme pendant les jours non travaillés, et permet aussi de maintenir une certaine continuité dans mes travaux personnels : même si je travaille une semaine pleine, mon projet personnel peut continuer à évoluer pendant les nuits éveillées : il n’est plus coupé en tranches comme auparavant, ce qui était extrêmement néfaste car il fallait à chaque fois se replonger dedans, changer de monde.
Quelques ombres au tableau ?
Voici donc un aperçu global de la situation actuelle. Tout ceci est très positif, et le pire – le meilleur -, c’est que je pense être assez objective ! ![]()
Bon, cherchons des choses négatives pour contrebalancer un peu…
De fait, les siestes à horaires les plus stricts possibles sont une contrainte. Mais bon, elles ne sont pas gravées dans le marbre non plus, si nécessaire j’en décale une, si je dois en sauter une j’essaie de récupérer du sommeil après, ou d’anticiper. Il y a beaucoup d’exceptions (je détaillerai dans le prochain article) et le rythme polyphasique que je présente ici comme hiératique, figé et solide, doit dans les faits supporter encore beaucoup d’aléas.
La sieste nocturne commençant tôt est un problème pour les soirées, et pour ça je n’ai pas encore de solution absolue. Mais il est possible de tout décaler, comme je l’ai fait : j’ai décalé l’ensemble des siestes de 20mn, pour me coucher à 23h au lieu de 22h40, ce qui laisse un peu plus de liberté. Mais bon, je vous accorde que ce n’est pas la panacée. Il faut être libre de prendre sa sieste de midi à l’heure qu’on veut, à 14 ou 15h par exemple, pour pouvoir décaler la sieste nocturne (de 3 heures) d’autant. Ou alors pouvoir la prendre en journée de manière régulière.
Est-ce que tout ça me coupe du monde ? Je n’ai pas l’impression. Mais en effet il y a des contraintes : partir plus tôt d’une soirée, rejoindre les autres à table quand ils en sont au dessert… Je suis parfois (trop ?) obnubilée par mes siestes : devoir en sauter une me met de très mauvais poil, et si elle est trop décalée je suis vite fatiguée, ce qui peut être un problème soit pour le travail, soit pendant une soirée par exemple.
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J’ai bien conscience du caractère personnel des changements présentés ici. Il fallait que je détaille un peu pour vous donner la mesure des transformations. Je crois notamment que quelqu’un ayant déjà un rythme de vie régulier, via le travail ou la vie de famille – ce qui doit concerner la majorité d’entre vous – ne vivrait pas le sommeil polyphasique comme une telle révolution. Il n’en reste pas moins que vous pouvez vous aussi connaître avec ce sommeil des évolutions dont je n’ai pas idée. Et certaines transformations exposées ici (physique, gestion du stress, méthode…) sont liés à des changements qui ne vous demandent pas de vous mettre au sommeil polyphasique.
Prenez donc tout ceci comme un exemple. Si cet article peut vous donner l’envie, la force (qui sait ?) de prendre de nouvelles décisions, tant mieux !
Et si vous souhaitez me poser des questions, je suis là !
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4 Comments
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Salut,
je trouve ton site très intéressant, j’ai hâte de lire ton prochain compte-rendu, je n’ai pas trouvé beaucoup de blogs français de personnes ayant tenté l’aventure.
J’ai commencé aussi le sommeil polyphasique avec 4 siestes de 45 minutes espacées de 6h.
Je tiens mon blog à jour, ca pourra servir à certains j’espère.
Bon courage.
Salut Jarod ! Tu es le premier commentateur à ma connaissance qui s’est lancé dans le sommeil polyphasique ! Je suis très curieuse d’aller voir ton blog (4 siestes de 45 mn !? Je le connaissais pas, celui-là !)
A bientôt !
Salut Boréale!
Je suis moi aussi très curieux d’essayer ce sommeil.
Je viens de me réveiller « encore » d’une nuit de 12hres de sommeil.
Bien que j’aie mis mon réveille-matin à 10h30AM et que je me sois couché relativement tôt, soit à 1h30AM (ce qui donne 9hres de sommeil quand même), je me suis levé à 14h30 complètement dépassé encore par le fait que je n’ai pas entendu mon réveil sonner. Pourtant, je ne suis pa couchable. Mais je ne suis pas levable parce qu’on dirait que le fait de dormir une nuit standard comme tout le monde fait m’endort encore plus, m’avachit et me rend complètement léthargique… ce qui fait prolonger mon sommeil à 12h et handicape ma vie professionnelle et sociale et morale (je me sens paresseux et toujours en train de dealer avec des échecs de toutes sortes et ça brîme ma crédibilité auprès des gens).
La vérité est que, depuis l’adolescence, le matin, ça prendrait un tracteur pour me sortir de mon lit!!!!
Je suis un peu découragé par cela mais on me disait sur un site que même Einstein et Da Vinci dormaient 11hres par nuit.
Suis-je un génie qui dort? [source: site dont je ne sais pas si ce quils disent est fiable)
Haha... excusez le bon jeu de mot....
Enfin!
Je lis d'un côté que certains de nous sont des gros dormeurs (10-12hres par nuit) et que d'autres sont des petits (3-4heures la nuit suffisent en monophasique) [sites variés dont j'ignore si c'est fiable]
Et aussi, je lis que le sommeil avant minuit qui serait plus récupérateur est une fausse croyance, et que ce sont les 3 premières heures du sommeil qui seraient en fait les meilleures et les plus essentielles(Brigitte Langevin, auteure-clé québécoise selon moi dans le domaine).
Donc la sieste de 3hres serait vraiment fondée. Je songe faire une bonne sieste de 3 heures la nuit et d’autres siestes de 30-45 minutes le jour, pour un total de 4 ou 5 heures. 4 siestes de 30 minutes et un dodo de 3hres, ce serait pas mal ça non?
Enfin!
Ceci dit j’emmène une piste de réflexion : est-ce que les gens réfléchissant énormément, se questionnant beaucoup et cherchant un mieux-être constant, une sécurité, une routine, une vie plus réglée au quart de tour pour permettre à la créativité d’émerger (je ne sais pas si génétiquement on peut être ainsi défini mais je me définit comme un artiste, un philosophe, un écrivain, un entrepreneur, un chercheur et un humaniste un peu comme Da Vinci et Einstein l’étaient), que peut-être cela est une façon naturelle de gérer son sommeil et son temps et de booster la créativité?
Parce que déjà dormir moins de 8-9 par nuit pour moi serait une révolution. Imaginez 3-4 ou même 5 heures… le monde m’appartiendrait!!!!
Qu’en pensez-vous? C’est mon début de réflexion. Je serais très aisé si vous pouviez me guider.
Merci et bravo pour le blogue, c’est super avoir cette info que je découvre… un monde s’ouvre à moi je sens, une révolution pour moi!
Michaël G.
guermica@videotron.ca
Salut Michaël,
Tes descriptions me rappellent des souvenirs douloureux… Je crois bien que c’est le changement de rythme de sommeil qui m’a fait prendre conscience de l’impact extrêmement négatif sur ma vie d’un rythme de sommeil bordélique, comme tu le décris…
Il est possible que pour toi aussi le sommeil polyphasique soit une solution. Je te l’espère, mais gaffe, il faut s’accrocher…
Je te conseille un bouquin essentiel, en anglais, écrit par l’une de celles qui ont popularisé ce rythme de sommeil en l’utilisant dans la vie courante : http://www.puredoxyk.com/index.php/2008/06/03/ubersleep-publication-yeah-you-heard-me-3/
Autrement, tu trouveras ici un certain nombre de ressources (majoritairement en anglais) :
http://delicious.com/boreale/sleepschedule?page=1
Donne-moi de tes nouvelles !
(PS : je me retrouve parfaitement dans ta définition « humaniste »…
)
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