La croisée des Blogs de ce mois-ci, organisée par Michael d’Esprit riche, a pour thème : “Si vous n’aviez plus jamais à travailler pour de l’argent, que feriez-vous?”
La perspective est plaisante, mais elle paraît inaccessible. Pourtant, par des moyens détournés, il y a peut-être moyen d’en faire autre chose qu’un rêve de Noël.
Si je ne devais plus jamais travailler pour de l’argent… je vivrais pareillement, mais libérée de toute angoisse de l’avenir.
Je choisirais l’activité qui me plaît le plus, et me débarrasserais des bouffe-temps que constituent les activités lucratives que je n’aime pas.
Sans jamais cesser cependant d’être active, de définir un objectif et d’avancer vers cet objectif, même si certains paliers sont difficilement accessibles, même si certaines étapes sont pénibles.
Ne plus jamais travailler pour de l’argent ne signifie pas pour moi choisir une vie facile, dénuée de toute contrainte. J’ai besoin de me sentir avancer, de me sentir passer au-delà des difficultés avec la satisfaction d’avoir su les traverser.
Une vie sans difficultés, c’est trop mou, on ne se sent pas vivre. Je pense que même ceux d’entre vous qui en rêvent s’en lasseraient vite.
En définitive, j’y trouverais moins d’angoisse, et plus de liberté de choix quant à mes activités.
Mais pourquoi faudrait-il attendre l’improbable pour s’engager sur cette voie ? Pourquoi faudrait-il se contenter de rêver ?
Contrer l’angoisse de l’avenir
Autant vous pouvez choisir de buller tout le restant de votre vie, autant je pense pouvoir être catégorique sur les angoisses : elles sont de trop !
Ne plus travailler pour de l’argent serait une aide précieuse… Une bonne partie des angoisses concernant l’avenir s’en trouverait balayée. Le plaisir de travailler, s’il existe, ne serait pas terni par des considérations financières parasites.
Une aide précieuse… mais une aide seulement. On peut dès aujourd’hui agir dans ce sens, sans rêver d’une manne tombée du ciel. On peut d’ors et déjà atténuer les angoisses, en faisant le choix d’une vie frugale, en considérant nos possessions présentes avec légèreté, et en se méfiant de toutes les incitations à en accumuler d’autres.
On peut aussi apprendre à maîtriser ses angoisses, à ne pas se laisser paralyser par elles.
Apprendre aussi à goûter davantage au temps présent, en laissant l’avenir là où il est.
Tout ceci s’apprend, se travaille.
Se contenter de peu… Je pense par exemple au logement : regardez la débauche de mètres carrés qui vous entoure ! J’en rigole souvent, comme je rigole de la tête des amis de passage chez moi, qui ont du mal à cacher leur pâleur devant ma suite de 11 mètres carrés !
Pourtant – avec un peu d’organisation et de savoir-faire – qu’est-ce qu’on peut être heureux dans 11 mètres carrés !
Et accessoirement, c’est autant d’argent à ne pas devoir dépenser chaque mois… et autant d’angoisses en moins.
Pour maîtriser ses angoisses, je préconise… devinez quoi ? Le qi gong, gagné !
C’est puissant, le qi gong… L’autre jour, je travaillais chez un de mes employeurs alimentaires, et je me sentais gravir avec une désespérante régularité d’horloge le chemin menant au stress intégral. Profitant d’une pause, je me suis isolée et j’ai fait un petit quart d’heure de qi gong… pour en revenir… aérienne… avec un grand sourire en sus ! Plus ça va, plus je fais des pauses qi gong pour évacuer le stress… 1h15 en tout aujourd’hui (sur 20 heures éveillées quand même), vous avez le droit de me dire que ça devient excessif ! Mais accessoirement ça fait pas de mal de lâcher l’ordinateur.
Je pense que bon nombre d’arts martiaux peuvent remplacer le qi gong : je pense au Systema que j’ai découvert chez CoachDom, je pense au Viet vodao (l’orthographe est sujette à question) dont un ami m’a dressé récemment un tableau épatant (au moins !), je pense aussi au Taï chi chuan et au Kung fu, les frères du qi gong… et dans une moindre mesure, à toute autre pratique sportive.
Pour ce qui est d’apprendre à goûter au temps présent, je n’ai pas (encore !) de recette géniale : je la cherche ! Pour l’instant, j’y pense chaque jour, et j’essaie d’en faire une habitude.
Travailler pour le plaisir
En fait, se débarrasser de ses angoisses de l’avenir est une partie de plaisir, comparée au 2ème objectif consistant à être en mesure de choisir librement son activité (ou ses activités).
Choisir son activité paraît souvent un rêve inaccessible. Bienheureux ceux qui adorent leur travail et s’y épanouissent avec bonheur. Objectif n°1 pour tous les autres : rejoindre les bienheureux. Et pourquoi pas ? Pourquoi faudrait-il se contenter de rêver ?
En évacuant les angoisses de l’avenir, par une vie frugale en particulier, on fait déjà la moitié du travail, puisque bon nombre d’entre nous ont choisi telle filière professionnelle plutôt que telle autre par raison. Autrement dit, on a souvent défini dans le passé ou on définit au présent ses activités en fonction de ses angoisses, plutôt qu’en fonction de nos aspirations personnelles. Plus on atténue les angoisses, plus le ciel s’élargit, et des idées nouvelles jaillissent.
L’autre moitié du travail… consiste : à faire un travail d’introspection, à se remettre en cause, à être à l’affût des idées et des opportunités, à se former, à ne pas cesser d’avancer, à travailler d’arrache-pied et in fine à prendre son courage à 2 mains et à contacter tous les clients ou employeurs potentiels de la terre.
Cette deuxième partie du travail est longue, ardue, désespérante parfois, passionnante aussi. Très exigeante, en temps, en énergie. Avant de s’engager sur ce chemin de croix, 2 impératifs : y croire, et se construire une discipline.
Pour ce qui est d’y croire, je vous renvoie à l’article que j’avais écrit à ce sujet… et pour ce qui est de se construire une discipline, je crois que je ne vais pas longtemps pouvoir faire l’impasse sur cette nécessité essentielle qui, elle aussi, s’apprend. Pour l’heure, si vous vous engagez sur ce chemin, ayez à l’esprit que l’apprentissage de la discipline – si nécessaire – et au-delà, la reconversion elle-même, prennent du temps : patience et constance ! C’est une course de fond : on avance, et un beau jour, on y arrive.
addendum :
Si vous commencez maintenant une reconversion, voyez le bon côté des choses : vous chercherez du travail dans votre nouvelle branche au moment de la sortie de crise ! Pour ma part, j’en suis à la phase pénultième, à savoir la recherche d’employeurs (avant la recherche de clients une fois que j’aurai acquis un peu de bouteille dans mon nouveau domaine). Le moment est sans doute moins propice… Mais je vais juste me battre deux fois plus : si la crise croit que je vais la laisser gouverner ma vie… je vais filer entre ses doigts ! J’ai déjà réduit mon train de vie de 15% en un an, d’ici 1 an 15% de plus : plus de liberté, plus de bonheur !
7 Comments
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Ton article nous donne un beau message d’espoir. Merci.
Pour en revenir aux activités physiques, moi de mon côté je me suis remis un peu au fitness, et surtout aux étirements. Ca va un peu dans la continuité de mon objectif de me tenir droit. Quand je vois les gymnastes qui arrivent à se plier en deux vers l’arrière, ça me fait rêver.
J’espère que je ne suis pas un cas désespéré!
Hé, attention de ne pas se laisser démonter par les exploits des autres, et surtout pas par ceux des gymnastes qui font ça toute la journée !!
Pour ma part, j’ai pu constater de nets progrès (posture, corps, endurance) après 3 semaines seulement de fitness env. 3 fois par semaine. Me sentir progresser et me sentir bien dans ma peau suffit à mon bonheur !
Ceci dit, question posture j’ai un peu rechûté, fatigue et nervosité des derniers mois aidants… J’essaie de profiter un peu de cette période hors du temps pour remettre les compteurs à zéro…
Merci Boréale pour cet article et la référence.
Pour ce qui est de l’exercice physique je suis en train de préparer un petit programme pour la nouvelle année de remise en forme.
J’ai l’intention de casser quelques idées reçues sur le fitness/la musculation…
En tout cas, très bon article. J’ai décidé de ne pas participer à cette édition car le sujet ne m’inspirais pas trop.
Cependant je crois que nous vivons à une époque formidable, où la crise que nous connaissons illustre de manière forte les limites de la pensée matérialiste. Et je le souhaite de tout coeur nous entamons notre transition vers l’Humain.
Curieuse de te lire au sujet du fitness. Pour ma part, ça m’a énormément apporté, mais j’ai conscience qu’il y a des bons et de mauvais coachs. Mais j’apprends beaucoup avec les bons, et ce sont des connaissances et des consciences du corps que je garde avec moi, ensuite.
Point de vue intéressant ! Il est vrai que la recherche d’argent est une angoisse pour de nombreuses personnes mais cette angoisse ne serait-elle pas remplacée par une autre sitôt maîtrisée ?
A vrai dire je ne pense pas… Ou alors ça dépend des gens…
Ici je parle de l’angoisse de l’avenir et en particulier en effet de la peur de manquer du nécessaire, qui est l’une des formes de l’angoisse de l’avenir (il y en a d’autres : peur de vieillir, etc.)
Mais il me semble que « gérer et atténuer ses angoisses » est un tout, qui ne dépend pas de la nature des différentes angoisses. C’est la même chose que d’apprendre à gérer son stress : si on apprend par exemple à gérer son stress au travail, on peut utiliser une bonne partie de cet apprentissage pour gérer des stress privés.
Après, il est tout à fait possible que certains caractères se sentent perdus s’ils ne ressentent pas une angoisse familière, et seraient donc amenés à chercher à la remplacer si par miracle la première était annihilée… mais ça se travaille, comme le reste.
Il me semble.
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