
Victoire !!!
Je viens de franchir la barre des 6 mois de sommeil polyphasique ! Il est 4 heures du matin, je suis devant mon ordi, et permettez-moi de trinquer avec mon demi-citron pressé !
Cette échéance n’est pas anodine. Il y a 6 mois, je changeais de rythme de sommeil, je commençais à dormir en plusieurs phases, suivant le programme Everyman du sommeil polyphasique : 3h10 de sommeil pendant la nuit (soit 2 cycles de sommeil pleins dans mon cas), et 3 siestes de 20 minutes en journée (de sommeil paradoxal -très profond- seulement.)
D’après mes lectures, le programme Everyman, s’il a l’avantage d’être plus souple que le programme Uberman - constitué de siestes de 20 minutes uniquement - présente un inconvénient connexe : il demande un temps d’adaptation beaucoup plus long. A priori, 6 mois. Et voilà !
6 mois à s’astreindre à aller se coucher de manière minutée quand on est chez soi, à être le plus fidèle possible aux horaires quand on est ailleurs, à organiser sa vie par tranches de 5 heures, à être inflexible avec ses envies de grasses matinées, à essayer de récupérer de grosses fatigues passagères sans dormir trop pour ne pas mettre à mal ce nouveau rythme, certes draconien, mais ô combien rassurant, bouleversant… fantastique.
Car oui, non content de bouleverser mon rythme de vie, le sommeil polyphasique m’a métamorphosée. Ce que j’écrivais à ce sujet il y a 4 mois reste entièrement vrai, et même si parfois au réveil je rêve de profiter encore un peu de la chaleur du lit, pour rien au monde je ne reviendrais en arrière.
Sans réécrire ma série d’articles d’il y a 4 mois, je vais essayer de tirer ici un bilan plus global.
De la fidélité aux horaires
Parfois très fidèle, parfois beaucoup moins par nécessité : en fait c’est très difficile de concilier cette régularité avec un travail aux horaires très changeants. Souvent je dois décaler la sieste de midi, il m’arrive de devoir sauter la sieste du matin et/ou la sieste de l’après-midi, sans compter que les conditions matérielles parfois ne s’y prêtent pas.
Je pense que si vous voulez vous lancer et que votre travail est régulier et dans un lieu fixe, vous aurez plus de facilités. Après, la difficulté peut être sociale, il faut réussir à faire accepter cette particularité et trouver un lieu où dormir sans s’exhiber… car si on veut vraiment bien dormir, il faut un minimum de confort : lunettes de nuit ou bonnet, bouchons dans les oreilles ou casque, manteau et couverture de survie ou carrément le sac de couchage en ces jours de froidure… Si vous pouvez trouver un endroit chaud, c’est carrément plus facile !
Et un endroit isolé si possible, pour éviter de provoquer l’hilarité générale : je peux m’allonger là où je suis sans rien et je m’endormirais bien, mais c’est sans compter avec les copains-collègues qui se marrent à côté ! L’acceptation des originalités dépend des milieux… Pour ma part je n’ai pas à me plaindre, mais bon, je n’exhibe pas mon petit matériel non plus…
L’endormissement-minute en moins
Question fidélité, il en ressort que j’ai pu consolider le nouveau rythme de sommeil pendant certaines périodes, mais que les périodes de boulot intensif à un rythme non négociable sont une source très importante de perturbations.
Ce manque de fidélité dû au travail m’a fait perdre (momentanément, j’y compte bien !) la faculté de m’endormir en 2 ou 3 minutes : tout au début j’étais emportée malgré moi dans mon sommeil, par un phénomène puissant que je ne connaissais pas avant. Mais les premières grosses perturbations du rythme ont détruit cette nouvelle capacité, et je prends maintenant 5 à 10 minutes à m’endormir : les pensées qui empêchent de dormir ont repris le dessus.
Ceci dit, c’est nettement mieux qu’avant de toute façon, puisque je pouvais rester des heures sans réussir à m’endormir… Maintenant, même tendue énervée préoccupée je m’endors vite.
Actu : j’ai jusqu’ici ménagé mes horaires de manière à avoir quand même 3h10 et 20 minutes de sommeil… mais je suis en train de me contraindre à nouveau, en me donnant 4 minutes pour m’endormir, pas plus, en espérant recréer la faculté d’endormissement-minute. Cela signifie forcément plus de fatigue, pour quelques jours seulement j’espère.
Le réveil spontané en plus
Au-delà des perturbations passagères, le bilan sur 6 mois montre de nettes améliorations :
Au début, les dépassements involontaires étaient assez fréquents : ne pas entendre le réveil, se recoucher sans s’en rendre compte… Par 2 fois je suis arrivée en retard au travail, alors que ça ne m’arrivait jamais…
Maintenant, si j’ai besoin de dormir plus pour récupérer d’une grosse fatigue, par exemple de 3 jours de boulot non-stop avec des siestes très mauvaises ou inexistantes, je dois m’organiser des dépassements volontaires, car je me réveille beaucoup plus systématiquement à heure dite. Il m’est même arrivé plusieurs fois ces derniers temps de me réveiller spontanément, sans réveil, après quelque 3h08 ou 18 minutes de sommeil. J’y vois un signe très positif, d’autant que je n’ai jamais été très douée pour me réveiller sans réveil.
N’étant plus soumise à des dépassements involontaires, il me faut apprendre à être plus souple sur mes horaires, ajouter 1h35 ici ou 20 minutes là, volontairement, pour récupérer d’un dérèglement passager. Mais ça marche, et deux jours plus tard je suis sur les rails pour reprendre mon rythme draconien.
Certains d’entre vous me diront que je suis beaucoup trop dure avec moi-même… mais c’est oublier 2 faits essentiels :
- d’abord tous les bienfaits que j’en tire : du temps bien sûr, et la fin des problèmes d’insomnie, mais au-delà, c’est un rythme régulier, l’organisation de la vie autour d’un élément intangible, d’un temps “éternel”, aussi régulier que les marées venant frapper le rivage… Il y a quelque chose de méditatif là-dedans, prolongé par ma pratique du qi gong (commencée en même temps) et par le fait sans doute de vivre en partie la nuit…
- On ne change pas de rythme de sommeil comme on change de chemise ! La perspective de dormir 8 heures d’affilée ne m’attire pas du tout, et je suis bien placée avec mon rythme de travail très irrégulier, pour savoir que les dérèglements, ça se paye. Donc dès que je le peux, je suis très contente de pouvoir suivre scrupuleusement ce rythme draconien.
Donc voilà, le bilan personnel que je tire de cette expérience est très positif ! Par contre, c’est vrai qu’il faudrait que je m’arrête plus longuement sur l’aspect social de la question, parce que de ce côté-là c’est plus contrasté… c’est plus compliqué… Il faudrait qu’on soit très nombreux à dormir de manière polyphasique… Z’avez pas envie de vous y mettre ?
22 Comments
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Bonjour Boréale,
Je ne connaissais pas le sommeil polyphasique, tu as éveillé ma curiosité, je m’en vais de ce pas en apprendre un peu plus. Merci!
Voilà une expérience que je me vois mal entreprendre. Même si la perspective de ne “perdre” que 4 heures de sommeil par jour est tentante.
La question que je me pose: profites-tu pleinement de ce surcroît de temps “productif” ?
J’aurais également peur de la fatigue oculaire (je passe déjà suffisamment de temps devant un écran ou un bon livre…)
Quoi qu’il en soit, bravo et bonne continuation !
@ Sylvaine :
Ben de rien ! Je compte créer prochainement une page avec mes liens sur le sommeil polyphasique. Ce qui m’a freiné jusqu’ici, c’est que tous mes liens sont en anglais, et ça m’embête pour les non-anglophones. Mais bon, c’est peut-être bête de ma part.
@ Laurent :
Est-ce que ce temps est productif ? Ma réponse est oui ! Il y a des jours avec et des jours sans, mais globalement, il est clair que j’en fais plus qu’avant.
Je ne sais pas trop ce que c’est que s’ennuyer. Si j’essaie de dresser un tableau global, ça donne 4 activités principales :
- Mes missions dans mon domaine professionnel d’origine (décoration)
- Mes premières missions dans mon nouveau domaine professionnel (infographie)
- Le travail de prospection auprès de tous les employeurs potentiels
- Le travail d’apprentissage de fond, et la réalisation de vidéos graphiques pour progresser et prospecter.
Ce à quoi il faut ajouter :
- Le sport 2 ou 3 fois/semaine
- 1h de qi gong par jour
- La tenue de ce blog !
- et puis j’ajouterais le développement personnel lui-même : travailler sa créativité, travailler sa productivité, etc…
Le blog et le qi gong à ce rythme, ajoutés à tout le reste, seraient d’après moi impossibles sans ce rythme de sommeil. Et j’ai plus de temps pour le travail d’apprentissage.
Mais au-delà du nombre d’heures éveillées, je crois que c’est la régularité du rythme qui me donne des ailes.
Ah, j’oubliais les cours de webdesign !
Alors là, chapeau. Perso je serai bien incapable de me passer de mon rythme actuelle : le soir, aller dormir quand j’en ai envie, dormir autant que j’en ai envie, la weekend faire la grasse mat…
Bref, je n’échangerai pas ma vie de plaisir pour une vie aussi martiale : Chapeau bas, y’a pas, t’est un chef.
Lis l’article sur le sommeil Polyphasique sur http://www.supermemo.com/articles/polyphasic.htm
Il résume toutes les études faites qui montrent que ce n’est malheureusement pas possible.
Merci pour cet article très intéressant, je suis fréquemment sujet à des insomnies ( je dort 7 heures, une nuit sur deux) et vais de ce pas me renseigner plus encore sur cette pratique qui à éveillé ma curiosité.
mois ..j’ai decidé de ne plus dormir! voila
@ Required :
C’est quitter certains plaisirs pour en découvrir d’autres !
@ Luc : merci pour le lien, je ne connaissais pas ! L’article est long, il faudra que je m’y plonge plus avant, mais à première vue, 2 remarques :
- Quoi c’est pas possible ? Ce que je vis depuis 6 mois est impossible ?!? Ben, la preuve que si ! Après effectivement, la question qui se pose touche aux effets sur le long terme. Laurent parlait des effets sur les yeux, c’est aussi ma question principale, mais bon, c’est aussi de ma faute, je suis presque toujours devant mon écran ! (Ceci dit, j’ai forcément des pauses régulières, je ne passe jamais 8 heures d’affilée devant mon écran, les siestes sont une pause obligée)
- La question la plus sujette à débat autour du sommeil polyphasique concerne la possibilité de se passer entièrement des autres phases du sommeil, de ne jamais dormir que les phases de sommeil paradoxal (profond). Et à première vue, l’article que tu cites, Luc, définit entièrement le sommeil polyphasique par le programme Uberman (6 siestes de 20mn, et c’est tout : pas de cycle de sommeil entier). Or, le programme Everyman, que je suis, est un mix entre siestes et sommeil ordinaire (j’ai 2 cycles de sommeil entiers par jour). Donc voilà, il faut que je me plonge dans l’article, mais s’il s’agit de dire qu’on ne peut pas à long terme se passer des autres phases, je ne suis pas concernée.
@ Bob :
Tu nous racontes ?
@ Luc :
Je suis en train de parcourir des passages de l’article pour l’instant, mais ce que je lis me déçoit profondément : je m’attendais à des argument posés, fondés, et tout ce que je lis est une suite d’affirmations étalées de manière péremptoire, et avec une bonne dose d’ironie par dessus le marché.
Tout ce que j’ai lu jusqu’ici est :
- soit des affirmations gratuites : elles reposent sur quoi ? ;
- soit des affirmations qui allient méconnaissance et poncifs
Exemple : “Why don’t we hear of polyphasic women? Their sleep physiology is not much different from male sleep physiology. The answer lies in the links between hormones and personality. The same testosterone-derived characteristics that drive man to leadership, war, or dreams of super-human accomplishment underlie the polyphasic death wish.”
Ah oui ? pour ma part, je n’ai pas vu ce déséquilibre, et le seul dormeur polyphasique à ma connaissance à avoir écrit un bouquin bourré de conseils est une femme…
- des citations de blogueurs polyphasiques, pour s’en moquer. “Below I compiled a list of funniest quotes from polyphasic blogs. (…). Naturally, the list is very selective and out of context.”…
Bref, voilà un homme qui a des convictions et qui les partage. Grand bien lui fasse.
Je vais continuer ma lecture plus tard, mais a priori c’est une grosse tartine de vent.
salut tout le monde
Boréale, RESPECT !
plusieurs fois j’ai déjà essayé de m’adapter au sommeil polyphasique ( uberman mode ) mais échec au bout de trois jours ou je dormais toute la journée…
Là, ça fait une semaine que je tiens le everyman.
Un peu dur de temps en temps, surtout quand ma couette m’appelle pour que je vienne me blottir sous elle. Mais je tiens bon.
Une grosse sieste de 3h, puis 3 petites sieste de 20 minutes.
J’en avais marre de mettre 4h pour m’endormir, la je mets 4 minutes à tout casser :), et puis j’en avais marre de me réveiller l’après midi, je me réveille avant le réveil
( juste avant)
j’arrive à plus ou moins concilier mes siestes avec mon emploi du temps, en général.
j’aurais aimé savoir comment tu détermine ton temps de cycle de sommeil.
merci
@ Moi (?)
Salut !
D’abord, laisse-moi te conseiller le bouquin dont je parlais plus haut, il m’a été d’une grande utilité au tout début, pour ne pas faire n’importe quoi.
J’ai téléchargé le pdf ici :
http://www.puredoxyk.com/index.php/2008/06/03/ubersleep-publication-yeah-you-heard-me-3/
Cette nana suit le programme Everyman depuis 2 ans et elle est très reconnue dans le domaine. Elle est passée par le programme Uberman il y a quelques années (6 mois je crois), donc elle sait de quoi elle parle. D’ailleurs, elle est à l’origine des termes Uberman et Everyman.
J’espère que ça pourra t’aider !
Tu me demandes en particulier comment je définis le temps de mon cycle de sommeil… En fait, je l’ai défini il y a des années déjà. Je sais plus, j’avais entendu parler des cycles, que c’était utile d’en connaître la durée pour calculer son temps de sommeil plus justement. La méthode ? L’observation seulement : quand je me réveillais de moi-même, je calculais le temps que j’avais passé endormie, et je le divisais de manière à obtenir un résultat entre 1h30 et 2h. Petit à petit, les données se sont accumulées et il s’avérait que mon cycle de sommeil devait être de 1h35 environ.
Ensuite, j’ai utilisé cette connaissance, pour retarder mon réveil de 10mn, ou vite aller me coucher de manière à avoir 6h20 de sommeil par exemple.
Appliqué au sommeil polyphasique, il apparaît que le cycle est le même : au tout début, je faisais des siestes nocturnes de 3h, comme indiqué, mais au bout de 2 ou 3 semaines, alors que ça commençait à aller mieux, j’étais toujours complètement cassée après mes 3h de sommeil. J’ai donc ajusté suivant mon cycle, pour voir. Et là, la différence a été immédiate, il est clair que j’étais en bien meilleure forme au réveil.
Voilà !
Bonjour,
Etant une personne très active, je trouve aussi que le sommeil “normale” ne me convient pas, le matin j’ai beaucoup de mal a ouvrir mes yeux, je dors beaucoup trop, trop tard, je suis fatigué ( chose que je ne connaissais pas a l’age de 10 an ! ). Je trouve assez peu d’informations sur les effets secondaires de cette méthode, conséquence sur la durée de vie ( et oui j’y pense ! ), sur les changements d’humeurs, de comportement, les effets immunitaires bref les side effects !
Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais sur votre blog tant les informations sont éparpillé !
Auriez vous l’amabilité de faire un billet complet sur tous ces points et ceux que vous jugerez utiles ou alors de me diriger vers des liens utiles.
Merci.
@ menoft :
Décidément, je crois qu’il faut que je la fasse, cette page sur le sommeil polyphasique !
Pour l’heure, je vous renvoie au pdf dont je donnais le lien dans mon commentaire précédent. Il doit coûter dans les 4/5 euros, et il est bourré d’infos. (mais en anglais…)
Chapeau!
J’ai lu que la “méthode” Everyman était plus souple à commencer et à appliquer que la “méthode” Uberman.
Ou avez-vous eu les explications nécessaires à l’application de ces deux méthodes?
Est-ce dans votre pdf?
N’y a-t-il pas une autre source?
@ BG :
)
Vous m’avez poussé à me mettre au travail au plus vite… Une toute première version d’une page dédiée au sommeil polyphasique sera en ligne ici avant… dimanche ?
(je dis dimanche pour me laisser une marge !
Quelle réactivité! Je me réjouis de voir ça!
Bonjour Boreale,
Je me suis mis au sommeil polyphasique Dimanche dernier, la transition n’a pas ete aussi dure que je pensais bien que je ne sois pas encore à 100%. J’ai une question, j’ai l’intention de zapper 2 siestes Samedi à cause de mon agenda qui est vraiment charge: Est-ce que tu peux zapper 2 siestes et continuer à fonctionner normalement? Quels sont les endroits les plus exotiques où il t’es arrive de faire la sieste? J’essaie de trouver des coins tranquilles quand je ne suis pas à la maison mais ce n’est pas facile, je cherche des idees.
Merci, tu m’as inspire!
Fab
Et dans le PDF, l’un des experts cites (Claudio Stampi) est un biphasique lui-même!!!!
Dans le paragraphe Claudio Stampi:
“Stampi’s methods are primarily targeted at minimizing sleep deprivation. He is a biphasic sleeper himself…”
Pas le PDF, le lien supermemo de Luc!! Pardon
@Fabien :
En plus, il faisait vraiment chaud !
Exotique, quoi !
Aïe ! Il faut archi super régulier pour les siestes au début ! Si t’es obligé, t’es obligé… mais évite au MAXIMUM !!!
Pour les endroits exotiques, ben puisque je travaille toujours dans des endroits différents… Ah ouais, à tout point de vue exotiques, les canapés de l’Aquaboulevard à Paris !!
Des coins tranquilles ? Il n’y a pas de règles, dès que j’arrive quelque part j’essaie de repérer un endroit isolé, calme et chaud… Pas toujours facile…
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