Arrêter de fumer : un bonheur inattendu !

Posted on fév 25, 2009 by Boréale in Changer, Non classé, Profiter de la vie, Retours d'expérience, Savoir se détendre | 23 Comments

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Arrêter de fumer : voilà que je viens de recycler par inadvertance une vieille résolution de 2008 ! Au 1er janvier 2009, je repensais avec agacement à cette résolution qui me collait aux baskets depuis un an et qui n’en finissait pas de venir chatouiller ma mauvaise conscience… J’y repensais sans volonté, en justifiant mon inaction par mes métamorphoses-de-2008-déjà-suffisamment-nombreuses, et vraiment, sans la moindre intention de passer enfin aux actes… et voilà que je viens de franchir l’infranchissable barrière… qui n’est vraiment impressionnante que de l’autre côté, du côté fumeur, car maintenant, je me demande pourquoi je n’ai pas fait le pas plus tôt…

Précisons d’emblée que c’est la 3ème fois que j’arrête, et que je compte bien que ce soit la bonne, finies les conneries. J’ai rechuté 2 fois, bien assez je pense pour être prévenue des risques possibles.
Mais bon, il y a un mois je n’avais pas cette volonté… Ca m’a pris par hasard, en entendant à la radio quelque chose du genre :

« on ne sollicite pas les mêmes zones du cerveau quand on pense au présent et quand on pense à l’avenir. Le passage de l’une à l’autre peut être très difficile, et c’est ce qui explique par exemple qu’un fumeur qui pense arrêter de fumer ait tant de mal à arrêter en effet : il projette cette idée dans l’avenir, mais n’arrive pas à la faire passer dans la zone du présent…« 

Mon souvenir n’est pas très scientifique peut-être, mais voilà ce que j’ai retenu, et cette phrase a fait déclic. Moi qui n’avais PAS DU TOUT envie d’arrêter de fumer, et PAS DU TOUT l’intention non plus, je me suis inclinée devant l’évidence : DEMAIN SERA TOUJOURS DEMAIN.
De là, 2 choses l’une : soit je me revendique comme fumeuse heureuse et épanouie (il faut fumer pour y croire), soit je contemple une fois de plus les si nombreux inconvénients de la cigarette, et j’arrête maintenant. Au présent.

Le présent aura pris 2 semaines pour se concrétiser, histoire de finir tranquillement mes stocks en s’habituant à l’idée. Idée qui me paraissait encore très impressionnante, et beaucoup moins reluisante… Mais je m’étais engagée vis-à-vis de moi-même, donc…
Histoire d’être sûre que cette fois-ci serait la bonne, j’ai cherché un soutien. Contrairement aux 2 premières fois où j’ai arrêté sans aide, cette fois-ci j’ai trouvé sur le net un système de magnétothérapie et un produit d’origine latino-américaine, que je continue à utiliser aujourd’hui, 3 semaines après avoir arrêté. Je mets le lien pour les fumeurs que ça pourrait intéresser, mais je ne peux pas évaluer la part de ces produits dans mon enthousiasme. Pour ma part je reste convaincue que 95 % du changement à réaliser est psychologique.

De ce point de vue, 2 éléments auront été essentiels.

D’une part, le bouquin d’Allen Carr, « La méthode simple pour les femmes qui veulent arrêter de fumer » (la même existe aussi en unisexe ! ;-) ). Le livre d’Allen Carr est connu pour avoir amené effectivement pas mal de lecteurs à arrêter de fumer. On m’a parlé de quelqu’un qui a arrêté de fumer à la lecture du livre alors qu’il n’en avait pas du tout l’intention. On m’a aussi parlé de cas de lecteurs qui espéraient arrêter, et qui n’ont pas réussi. Bref, ça ne réussit pas forcément, mais ça réussit parfois. Ca vaut bien le coup d’essayer.
Là encore, difficile de faire la part des choses et de savoir si j’aurais franchi le cap aussi aisément sans le bouquin… Toujours est-il que j’y vois un important soutien : arrêter de fumer est un engagement très fort qui monopolise l’esprit pendant la période de transition. Avoir de quoi lire sur le sujet pendant cette période m’a semblé très bénéfique, et en effet, quelques phrases  parfois suffisent à ouvrir l’esprit sur une perception nouvelle ! :-)   Je recommande chaleureusement ce livre, même aux addicts non-fumeurs, par exemple aux addicts de la télévision qui n’arrivent pas à s’en débarrasser : il suffit de lire « télévision » à la place de « cigarette », ça marche aussi ! ;-)

La 2ème botte magique, c’est le petit morceau de bois que j’ai présentement dans la bouche ! Vous achetez un rond de bois dans une boutique de bricolage (1m de long, 6mm de diamètre, 1 euro ou 2), et vous le coupez en petits bouts de la longueur d’une cigarette, et voilà, vous avez votre stock de cigarettes en bois ! C’est très très utile : l’ancien fumeur en plein sevrage doit se déshabituer chimiquement et psychologiquement de la cigarette, mais il doit aussi se déshabituer de la gestuelle, et ce n’est pas le plus facile. Et oui, n’ayons pas peur des mots, la cigarette en bois est une béquille géniale !! (il faut que je pense à la breveter ! :-)
Et qu’on ne vienne pas me dire que tirer sur une cigarette en bois est ridicule ! Je ne vois pas en quoi ce serait plus ridicule que de fumer pour de vrai.

Je reviendrai prochainement sur le sujet, qui est en train de métamorphoser ma vie (et une métamorphose de plus, une !), mais pour l’heure, je clos ce billet en vous soumettant la liste des avantages de la cigarette, des inconvénients, et des subterfuges possibles, listes que j’ai établies quand j’ai arrêté, il y a 3 semaines. N’hésitez pas à les alimenter dans les commentaires, si vous voyez des trucs que j’ai oubliés ! ;-)

La liste des inconvénients de la cigarette :
- difficile à conjuguer avec désir de pureté, de simplicité, de frugalité
- Une bonne haleine, pas de mauvaise odeur auprès des autres
- air sain pour le qi
- air sain dans la maison, juste pour le plaisir
- air sain dans les poumons, meilleure santé respiratoire
- je vais arrêter de tousser, de cracher des trucs
- avoir les doigts propres
- meilleure circulation sanguine
- mieux pour prendre la pilule
- mieux pour avoir un enfant
- plus de souffle pour le sport, pour monter les escaliers,… en toute circonstances
- avoir une chance d’accéder au flow + souvent – Meilleure concentration
- Vivre l’instant présent à plein, sans obstacle
- Etre 100% attentive à la personne qu’on a en face de soi
- Etre maître de ses choix, de son destin : JE décide.
- Satisfaction personnelle d’avoir réussi
- Des économies
- un peu moins de bordel sur ma table et de trucs à transporter
- Une préoccupation en moins : se sentir l’esprit plus léger
- A l’aise sans problème dans les soirées ou au resto quand on ne peut pas fumer
- A l’aise au travail, quand on ne peut pas fumer
- Moins de pollution, moins de matière : un plus pour l’environnement
- un moins pour les fabriquants de tabac
- pouvoir taper au clavier sans être gênée > taper plus vite
- du temps ! Parce que mine de rien, 5mn par-ci 5mn par-là, la déconcentration en plus, ça finit par prendre beaucoup de temps
- Rend une éventuelle expatriation plus difficile.

La Contre-liste : les avantages de la cigarette
- parfois, ça aide à la concentration (surtout parce que le manque déconcentre)
- un plaisir
- un moyen d’entamer une conversation, de faire des rencontres
- un plaisir partagé avec les collègues (qui fument !)
- une source de chaleur en période de froidure
- un réconfort
- plus d’assurance dans certaines situations sociales délicates ?
- Avoir de quoi se récompenser, en tout lieu à tout moment
- permet de sentir sa respiration ?
- permet d’arrêter de grignoter quand on attend 3 plombes au resto par ex., ou quand les autres fument
- permet d’arrêter de grignoter chez soi si on ressent le manque
- béquille appréciable en toutes circonstances (ou presque)
- permet de faire relâche, de se détendre 2 mn quand on n’arrête pas de travailler

Quels subterfuges trouver dans les situations à risque ?
- la cigarette en bois : conserver la gestuelle pour se tromper soi-même
- des bonbons sans sucre ?
- Manger du fenouil cru ?
- se concentrer sur sa respiration (et s’émerveiller de sa fraîcheur, de sa clarté…)
- Vivre l’instant présent à plein, pour ne plus y penser
- Etre 100% attentive à la personne qu’on a en face de soi
- se convaincre que pour soi en tout cas, la cigarette N’EXISTE tout simplement PLUS. A quoi bon se languir de quelque chose qui n’existe pas ??
Ca peut paraître étonnant, mais ça marchait vraiment bien la 1ère fois que j’ai arrêté de fumer  (9 mois). Et la 2ème ? Je ne sais plus. Mais de toute façon j’étais moins motivée.

Après lecture du livre d’Allen Carr, les choses me paraissent plus simples… BREF, pour la cigarette comme pour beaucoup de choses, la solution c’est de CHOISIR D’Y CROIRE ! :-)

23 Comments

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  1. Sylvaine, 25 février 2009:

    Tout à fait d’accord avec la difficulté de se déshabituer de la gestuelle.
    Je trouve excellente l’idée de la cigarette en bois, subterfuge malin, qui permet aussi de mâchouiller quelque chose et donc peut-être de moins se reporter sur les bonbons ou chewing-gum.
    J’ai arrêté il y a deux mois grâce à une e-cigarette sans nicotine, ce qui revient un peu à l’idée de la cigarette en bois.

  2. ledingue, 25 février 2009:

    Le problème, c’est que même après plusieurs années, l’envie est toujours là, un peu caché en toi. J’ai repris au bout de 7 ans d’abstinance !
    Bon courage.

  3. Randall, 26 février 2009:

    Bravo ! Le bouquin d’Allen Carr est vraiment puissant et il y a des raisons à ça (que les médecins ne comprennent pas mais c’est leur problème, ce ne sont pas des psy !).

    Le garder pour soi, et le relire à l’occasion, dans les mois qui suivent, car au bout d’un moment la motivation s’érode et l’on peut se refaire prendre au piège.

    Je conseille de le garder, de ne jamais le donner. En offrir un neuf plutôt si on veut. Il est plus efficace si on le lit assez vite, en quelques jours. Il y a des raisons à ça…

    Pour le petit bâton, je suis moins d’accord : la gestuelle n’est pas un vrai problème, le problème n’est pas de penser la cigarette mais ce que l’on en pense. Et on y pensera toute sa vie si l’on a été dépendant, mais ce n’est plus une menace : on vit très bien avec ces envies occasionnelles. Ceci dit, mâchouiller un bâton est vraiment mieux que de mâcher une gomme, car ça, c’est addictif et redonne envie de fumer. Pas mal de gens deviennent accros aux gommes à la nicotine, même Obama à ce qu’il paraît… Éviter ce truc.

    Pub gratuite :
    http://www.yelove.be
    des bâtons parfumés et qualité bio.
    Le type qui a inventé ça est honnête (et belge ;-) )

    Ta liste d’avantages est un peu bidon : tu veux t’auto-convaincre. Ça fait pas mal, mais assez inutile une fois qu’on a arrêté. J’ai d’autres astuces plus puissantes, mais c’est pas gratuit (j’essaye d’en vivre pour tout dire). Car arrêter le tabac quand on sait comment faire, c’est assez facile. Le problème est de savoir comment faire, cela s’apprend et s’enseigne.

    Une dernière précision : les médicaments n’aident pas. Allen Carr les déconseille, moi je les interdis. Lire http://tinyurl.com/6d8xy2 pour les explications. Merci de noter et/ou commenter l’article.

    Bonne chance les nanas !

  4. Stephane, 26 février 2009:

    Pas mal, mais avec le super livre que tu viens de lire tu aurais pu ajouter de nombreux argument.

    Moi aussi je l’ai acheté 2 ans avant d’arrêter de fumer. J’avais lu quelques pages qui m’avait coupé l’envie de fumer pendant 3 jours.

    2 ans après, le livre étant toujours sur mon chevet et partant en vacances aux US, je me suis dit que c’était le bon moment. J’ai fumé ma dernière cigarette le 5 août 2006 vers 10h du matin. Je me rappelle encore le moment ou j’ai jeté ma cigarette sur le bitume avant devant l’aéroport de roissy charles de gaulle. Etant donné que le vol à duré 11 heures, l’envie de fumer est petit à petit tombé. Arrivé sur place, pas le temps de penser à la cigarette, il fallait louer une voiture, déjeuner et aller à l’hôtel. Bref, de fil en aiguille même en y pensant et étant plutot énervé les 3 premiers jours, je n’en ai pas vraiment eu envie et voyant que ca allé probablement tenir, je n’ai finalement pas lu le livre d’Allen Carr !

    J’ai remplacé la cigarette par le chewing-gum après le déjeuné. Je n’ai pas pris un gramme. Parfois j’oublie même que j’ai été fumeur. Ca fait bizarre de se dire que ça nous manque pas ;-)

    En plus, on se sent tellement mieux après. On respire mieux, moins essouflé, on économise de l’argent, on ne pu plus.. Bref, un vrai plus !

    Même le petit verre d’alcool qui devait obligatoirement se marier avec une cigarette auparavant disparait totalement.

    Les fumeurs au tour de moi hallucine car je n’ai rien lu, rien pris comme médoc, pas grossit, et surtout aucune envie de fumer. Au bout des quelques jours de sevrage de la nicotine (3/4 jours) le reste est uniquement dans la tête !

    Je pense vraiment qu’il n’y a que la volonté qui compte et qu’il faut contrôler notre cerveau à la place de la cigarette. C’est vrai quoi, depuis quand nous ne sommes plus maître de soi-même ?

    J’espère que la cigarette disparaitre réellement un jour. Ainsi tous ceux qui ne l’auront pas connue, ne pourront pas avoir ce manque que tous les fumeurs pensent comme indispensable or que ce n’est absolument pas le cas…

  5. Boréale, 26 février 2009:

    @ Sylvaine :
    Une « e-cigarette » ??? Voyons, comment peut-on machouiller une cigarette virtuelle…. :-)

    @ Ledingue :
    Reprendre après 7 ans… :-/ Bien la preuve qu’il faut se méfier jusqu’au bout… Mais est-ce que justement le bouquin d’A.Carr pourrait t’aider à arrêter de nouveau au plus vite ? Je te dis ça parce qu’il parle justement de personnes comme toi qui gardent l’envie, même après des années… Je serais curieuse d’avoir ton avis sur ce qu’il dit.
    A très gros traits (mon résumé me paraîtra forcément limité), Carr y voit un symptôme des méthodes basées sur la volonté. Si on se contraint par la force de la volonté, il y a forcément un moment où les digues lâchent. Sa méthode à lui, basée sur une nouvelle manière de voir la réalité, est supposée pouvoir éviter cet écueil de l’envie tenace.
    Personnellement, comme pour la gestuelle, je pense que c’est un peu plus compliqué et que Carr sous-estime le poids des Habitudes.
    Si par hasard tu lis Carr, donnes-nous ton avis en passant ! ;-)

  6. jeromax, 26 février 2009:

    Moi ce qui m’inquiète, c’est le mot « plaisir » dans Ta Contre-liste…
    Je pense que tu n’as pas encore été au bout de la chose, le bouquin d’Allen Carr démonte (sans « r ») complètement cette notion de plaisir. Si tu penses encore que la cigarette peut t’apporter du plaisir alors soit très vigilante… ;-)

  7. Randall, 26 février 2009:

    Allen Carr est décédé :
    http://tinyurl.com/aj4×2p
    mais je pense connaître assez bien sa technique et en avoir compris les principes. J’interviens prochainement dans une formation de tabacologues sur ce sujet précisément. Tu poses de bonnes questions.

    Le livre d’Allen Carr est très puissant pour rendre le sevrage facile et finalement une expérience plaisante (pour ceux qui peuvent cesser de fumer, il y a parfois des blocages nécessitant une prise en charge plus lourde). Son influence dure longtemps (mon expérience = comme Stéphane le signale) car le livre agit sur l’inconscient par des procédés habiles (et invisibles pour ceux qui ne les connaissent pas).

    Par contre il reste toute la vie ces envies de fumer occasionnelles, lors d’un évènement chargé émotionnellement le plus souvent. Pour les femmes, lors d’un souci, un coup de blues ; pour les hommes c’est plus fréquemment lors d’une émotion positive (fête avec les copains). J’explique les raisons dans Faire face aux envies de fumer
    http://tinyurl.com/6d8xy2

    J’encourage donc à ne pas utiliser de palliatifs pour rendre les envies moins fréquentes, justement pour qu’un entraînement à faire face puisse avoir lieu. Et je le fais d’une façon à aider l’inconscient à traiter ces messages : une fois qu’il a bien appris à le faire, il fonctionne de façon automatique, même en rêve en dormant ! Il faut bien s’entraîner et je crains que Stéphane ait esquivé cette étape d’auto-formation… Il n’est donc pas immunisé.

    Ma compréhension de l’affranchissement de la dépendance est donc ainsi :
    1°) le sevrage, qui dure quelques jours ;
    2°) le reste de la vie.

    Suivant comment le livre d’Allen Carr est lu, assimilé, son effet sera plus ou moins durable. Car les envies ne disparaissent jamais complètement. Molimard, l’inventeur du mot ‘tabacologie’ dit en 2007 avoir eu peur de reprendre le tabac … alors qu’il a fumé sa dernière cigarette en 1967 et que c’est en France l’homme qui connait le mieux la question ! La dépendance ne s’efface pas, il n’y a aucun procédé pour ce faire. Comme je le dis, on n’oublie jamais son premier amour. C’est pareil.

    Pour éviter de rechuter, il convient d’avoir compris un certain nombre de choses sur la tabagisme, pourquoi cette empreinte est indélébile, pourquoi la volonté n’aide pas (Molimard fait trois démonstrations indépendantes et j’en ajoute deux), etc. C’est assez complexe. Allen Carr dit l’essentiel mieux que quiconque, Molimard est plus complet, mais plus académique on va dire : La Fume (2003) et Petit Manuel de Défume (2007) sont recommandables.

    Il est possible que Allen Carr et moi sous-estimions la composante comportementale de la dépendance : peut-être parce que nous sommes des hommes et que c’est différent pour les femmes. Mais comme il est efficace, très efficace (et moi aussi vais-je dire sans prétention car je l’ai beaucoup copié), c’est peut-être bien lui qui a raison…

    Pour revenir sur les états meta-motivationnels (terme barbare pour parler de projection dans le futur ‘téliques’ ou de préférence au plaisir du présent ‘paratéliques’), lire Apter ou/et Eric Loonis. Un des exercices que je fais pratiquer pour éduquer l’inconscient est un examen des sensations corporelles au moment où l’on éprouve une envie de fumer. Cela refocalise le mental sur le moment présent, en oubliant un instant le cognitif, la volonté, etc. et ceci fait, alors on peut reprendre la projection dans le futur (procédés spéciaux et assez exotiques, de mon cru). Sans doute pas très clair ce que je dis là (il faut pratiquer pour comprendre) mais je confirme qu’un des problèmes de l’arrêt est de trop faire appel à la volonté consciente, il vaut mieux s’appuyer sur l’inconscient, qui est toujours là à disposition, fiable et de ‘bonne volonté’. Je pense avoir un peu amélioré la méthode Allen Carr, notamment pour la gestion des humeurs dépressives au cours du sevrage, que les femmes éprouvent plus vivement que les hommes. À mon avis, cette différence est significative : il y a dans les cliniques pour la dépression deux fois plus de femmes que d’hommes et je ne parle pas de la consommation généralisée d’anti-depresseurs, véritables poisons inutiles – c’est prouvé – comme les palliatifs nicotiniques, mais prescrits ‘larga manu’ par nos docteurs un peu dépassés par des phénomènes qu’ils n’ont pas le temps de traiter comme il faut.

  8. Randall, 26 février 2009:

    jeromax >
    Bonne remarque ! J’ai cependant renoncé à faire comprendre à un fumeur qu’il n’y a pas de plaisir à fumer. Systématiquement, au bout de 3 heures où il a tout compris et validé avec moult détails, on peut le piéger à lui faire dire qu’il y en a. Subjectivement la différence entre compensation d’un déplaisir (le manque) et un ‘bonus’ de sensations n’est pas évidente, et le cerveau enregistre la variation, la dérivée on dirait en termes mathématiques (comme la vitesse est la dérivée du mouvement par rapport au temps par ex.). De même le regard voit mieux ce qui bouge que ce qui est fixe, c’est la protection des paresseux par ex. ou des animaux qui font le mort, pétrifiés par le prédateur : cela les protège.

    Donc objectivement il n’y a pas de plaisir à fumer, mais subjectivement le cerveau sait et garde en mémoire qu’il y en a un. Un jour où on est mal, on replonge ==> rechute ! Et une bouffée suffit, c’est irrésistible ou quasiment (jamais constaté une femme s’en remettre, des hommes parfois, et après un unique écart ; un écart répété, jamais rencontré personne qui n’ait pas replongé !).

  9. Boréale, 26 février 2009:

    @ Randall :
    Le lien http://www.yelove.be/ que tu donnes ne répond plus. Par contre, le 2nd, http://tinyurl.com/6d8xy2, est vraiment très intéressant… C’est d’ailleurs parce que je suis allée le lire que je prends tant de temps à revenir commenter ici ! :-)
    J’y ai laissé un commentaire sur le parallèle tabac/alimentation, car en ce qui me concerne, j’ai le sentiment de compenser l’un par l’autre, encore maintenant même si c’était surtout vrai pendant les 2 premières semaines… Le mécanisme de la dépendance n’est pas encore mort.

    @ Stéphane :
    Ton expérience me fait penser à mon 1er arrêt : sans rien, sans produits, sans lectures, et sans grossir en tous cas dans les 6 1ers mois. J’ai vraiment cru que c’était réglé pour la vie !
    C’est un énorme stress, accompagné de 3/4 kilos en trop, qui m’ont fait rechuter au bout de 9 mois.
    J’étais tellement convaincue jusque-là que je ne fumerais plus jamais que j’ai été assommée par cette rechute. Maintenant, méfiance.

  10. Boréale, 26 février 2009:

    @ Jeromax :
    Bravo pour ta perspicacité, tu as trouvé le lapin noir ! ;-) Je l’ai laissé exprès ! :-)
    Bon, en fait, c’est un peu plus compliqué. J’ai laissé la liste telle que je l’ai rédigée tout au début, avant de lire le bouquin de Carr.
    J’aurais pu enlever le Plaisir de la Contre-liste… d’autant qu’effectivement l’idée de fumer une cigarette aujourd’hui ne réveille pas (plus) l’idée de plaisir (Carr a quand même fonctionné ! ;-) )

    Ceci dit, je trouve que Carr simplifie les choses. L’idée de plaisir est hautement subjective, et il suffit de s’en convaincre soi-même pour éprouver sincèrement du plaisir (complètement subjectif) à quelque chose qui ne nous apporte aucun plaisir objectif, ce qu’on arrive à reconnaître qu’à partir du moment où on change de point de vue en scrutant froidement ses prétendus plaisirs à la loupe.

    C’est valable pour tellement de choses… : la cigarette l’alcool la télévision… ou les biscuits salés d’apéritif par exemple ! :-) J’en parlais récemment : tous ces biscuits d’apéro sont franchement dégueulasses, mais bon, l’habitude aidant, le fait qu’ils soient associés à des moments agréables, font que l’on croit trouver du plaisir à les manger… alors que bon, franchement, ils sont dégueu, non ? ;-)
    On s’habitue à tout. Côté alimentaire il m’est arrivé de manger – et de trouver du plaisir à manger – des biscuits, des plats cuisinés, des pizzas : toutes choses que je trouve assez immangeables aujourd’hui…

  11. Boréale, 26 février 2009:

    @ Randall :
    Tu écris : « Il est possible que Allen Carr et moi sous-estimions la composante comportementale de la dépendance »
    Concernant la gestuelle, je sais que la cigarette en bois est un placebo magique pour moi, ça m’aide vraiment à ne pas ressentir de manque, à arrêter d’y penser si par hasard mes mains s’agitent.

    Ici je parle pas mal d’ »habitudes »… Je suis en effet effrayée par ce que pèsent les habitudes, sans qu’on s’en rende compte (que ce soit pour le tabac ou n’importe quoi d’autre)… Il semble -d’après ton knol- que tu ne partages pas ce point de vue, mais je crois que ce qui nous sépare n’est qu’une question de définition : l’habitude, à partir du moment où elle échappe à la volonté, devient une dépendance. Et par définition, une habitude a tendance à prendre ses distances avec la volonté : il suffit qu’elle soit momentanément cassée pour qu’on ressente au moins un pincement, une contrariété…
    Bref, ce que je nomme « habitude », tu le nommes « dépendance » il me semble…

  12. Randall, 26 février 2009:

    Concernant Yelove, son inventeur se nomme Michel FRAËIJS. J’avais longuement parlé de son projet et testé ses batonnets. J’en ai encore d’ailleurs. Il doit être déçu que cela n’ait pas marché, sa démarche était honnête.
    Concernant les ‘habitudes’, il m’arrive de remonter mes lunettes quand je porte des verres de contact. Réaction ? Rigoler ! J’imagine qu’on peut faire pareil si la cigarette démange, mais n’ai pas été atteint de ce syndrome là.

    Ceci dit, la littérature confirme bien que l’habitude – comme tu dis – est fortement exagérée. Une habitude on peut en changer, conduire à gauche au lieu d’à droite par ex. Une dépendance, on en souffre quand on ne peut pas l’assouvir, une souffrance irrésistible et insupportable. C’est différent, et correspond à des empreintes cérébrales différentes je suppose. Ni les habitudes ni les dépendances ne sont pathologiques : nous sommes tous dépendants de la recherche du bonheur, certains sont dépendants du pouvoir, du travail ou du running. Il leur faut leur dose ! La dépendance est naturelle, nous sommes tous dépendants de quelques actes. Cela devient pathologique quand on en souffre ou que l’acte devient ’saillant’ comme on dit : rien d’autre n’a d’importance. C’est le cas des junkies. La source de la dépendance est la souffrance, pour les habitudes c’est différent. Mais bien sûr une habitude peut se transformer en dépendance. Manger est une habitude (saine a priori), la boulimie est une dépendance. La frontière est assez subjective, poreuse.

    Au fait, à ceux qui cherchent à vivre sans quasiment dormir, je vais révéler que l’on peut vivre sans manger ou presque. C’est assez technique et on se remplit d’énergie d’une autre façon, que les ascètes maîtrisent. Mais adieu la vie sociale normale ! In real life je connais quelqu’un capable de vivre en travaillant 12 h/jour, à poids constant, sans manger durant trois mois. A poids constant et analyses sanguines nominales. Ses initiales sont GB mais ce n’est pas un anglais, pour ceux qui le connaissent. Cela semble incroyable mais explique comment des Milarepa ont pu vivre dans des grottes, nus et sans manger pendant des durées assez longues, à 4500 m d’altitude. Peut-être que ces individus éveillés nous réservent quelques surprises. Chögyam Trungpa s’amusait aussi à passer des jours sans dormir (cf. je crois sa bio par Fabrice Midal, Seuil 2002). Par contre il était alcoolique, comme quoi il restait un homme !

  13. Boréale, 26 février 2009:

    « quelqu’un capable de vivre en travaillant 12 h/jour, à poids constant, sans manger durant trois mois.  » !!!!!!!
    GB : pourquoi tu ne donnes que ses initiales ?

    En tout cas, sans aller jusque-là, ces histoires de jeûne m’intéressent. C’est très neuf pour moi, je me suis juste essayé à la cure de raisins il y a quelques mois (j’en ai parlé ici : http://www.lafabriquedesidees.com/2008/10/une-cure-de-raisins-ca-vous-branche/ )
    Je viens de commander le bouquin de Lützner ‘Comment revivre par le jeûne’ … :-)

  14. Stephane, 1 mars 2009:

    Re-bonjour,

    Je vais ajouter quelques points que j’ai omis de signaler dans mon 1er commentaire.

    Je pensais depuis longtemps à arrêter de fumer. Je voulais le faire avant mes 30 ans et avant d’avoir mon 1er enfant.

    Je n’avais jamais pensé que cela serait aussi facile et surtout du premier coup sans aide d’aucune sorte (livre, médicament, acuponcture, hypnose..)

    Je pense que le point le plus important et qu’a partir du moment ou on ne ressent aucune « PRIVATION », l’envie ou l’obsession de (re)fumer disparait complètement.

    En effet, au contraire si on se sent « priver » de ne pas « fumer », il y a peu de chance que l’on tienne bien longtemps avant de recommencer.

    Moi, je trouvais bien d’arrêter de fumer pour ma santé, pour ma femme et pour mon futur enfant ainsi que pour le temps que je perdais à aérer mon bureau et ma maison tous les jours ;-)
    La partie financière je m’en foutais carrément.

    A aucun moment je ne me sent priver de ne plus fumer. Comme je l’ai dit j’oublie que j’ai été fumeur car, et c’est un point très important, « personne autour de moi ne fume », et cela fait totalement oublier l’univers de la cigarette.

    J’y pense uniquement quand quelqu’un fume autour de moi. Contrairement à certain, cela ne me gêne pas tant que ce n’est pas un fumoir irrespirable.

    Je suis fumeur occasionnel de cigares depuis un voyage à Cuba il y a quelques années. J’ai attendu plus 1 an et demi avant d’en refumer un de peur que cela me donne l’envie de recommencer à fumer la cigarette. Pour être exact, j’en fume 1 à 2 maximum par an (à moitié sinon j’ai l’impression que je vais y rester) généralement le jour de l’an et sur une partie de roulette de casino à Las Vegas pendant l’été. J’ai une boîte à cigares qui est remplie de Roméo y Juliette, Montecristo, Bolivar, Cohiba. Je n’ai d’ailleurs aucune envie d’en fumer plus souvent. Je pense même à chaque fois en avoir fumer un, que j’ai bien fait d’arrêter la cigarette tellement ça me casse la gorge.

    Pour info, j’avais trouvé cette article sur un digg-like, donc à aucun moment depuis mon arrêt je suis allé sur des sites de fumeurs pour trouver des conseils.

    Chacun est différent, mais pour moi cela va faire 3 ans, et cela me va très bien comme ça. Je n’en ai aucune envie et n’essayer pas de m’en convaincre. Je respire tellement mieux et monte les marches de mon appart sans craindre de tomber dans les pommes ;-)
    Je ne pense vraiment pas que je reprendrai un jour. Cela voudrait dire que je serai alors très faible. Mais reprendre pour quoi au fait ? Puisque la cigarette n’apporte rien de plus que des problèmes ! Alors si on ne se sent pas bien pourquoi vouloir ajouter sur la liste un problème de plus.

    Les gens se font trop de l’arrêt de la cigarette comme insurmontable or que ce ne l’est pas du tout. L’homme contrôle son cerveau et doit au final se convaincre que l’arrêt de ce poison est dans son intérêt.

    Le livre d’Allen Carr pour le peu que j’en ai lu est excellent. Il nous fait juste remarquer la vérité et la réalité.

    Pour ce que je m’en rappel :

    - personne ne fumerai sa prochaine cigarette si on lui disait avec certitude quelle déclencherait son cancer et que ça le tuerai ! Alors pourquoi continuer jouer à la roulette russe ?
    - l’homme en plein milieu de la mer nagerait jusqu’au dernier souffle pour sauver sa vie. Alors pourquoi continuer à fumer si l’on sait que cela va nous tuer ?
    - on peur comparer la personne qui fume avec une personne tombant d’un immeuble et qui se dit « jusqu’ici tout va bien ». Oui, sauf que celui qui tombe c’est à quel moment il va s’écraser et mourir, pas le fumeur.
    - le fait de penser à la cigarette à la fin du repas comme une cerise sur le gâteau, or que tous les non fumeurs n’ont absolument pas ce manque que l’on pense comme indispensable. Un peu comme le verre d’alcool qui se marie obligatoirement avec une cigarette. Ce qui devient totalement faux après.
    - le plaisir dans la cigarette n’existe pas! c’est l’attente de la délivrance entre 2 cigarettes qui l’est car nous sommes (étions) esclave de ce MONSTRE !

    @randall

    Le fait de prendre du chewing gum après le déjeuner (uniquement) et pas le diner ou le petit déjeuner, remplace « l’habitude » et non le « manque » de fumer. Je ne le ressent à aucun moment comme un palliatif.

    Si mon discours peut aider quelqu’un à arrêter de fumer, j’en serai ravi.

    N’oubliez pas qu’arrêter de fumer et avant tout bon pour vous et votre santé et que vous être maître de vous même.

    Bonne chance !

  15. Boréale, 1 mars 2009:

    @ Stéphane :
    Tu écris : « Mais reprendre pour quoi au fait ? Puisque la cigarette n’apporte rien de plus que des problèmes ! Alors si on ne se sent pas bien pourquoi vouloir ajouter sur la liste un problème de plus. »

    Tout est dit ! :-)

  16. Paco, 4 mars 2009:

    Merci pour la biblio, je vais acheter la livre d’Allen.
    Deux ans à me dire tous les soirs qu’il fallait arrêter…j’ai jeté mon paquet il y a 10 j avant de partir à la montagne: 7 j de grand air, sport, détente, amis. Pas de manque. Retour à la « vie normale » super dur. J’y pense constamment. J’ai l’impression d’être le capitaine Haddock dans le désert, sauf que ce sont des cigarettes que je vois partout, même dans les silhouettes de mes collègues au bout du couloir !. Il faut que je tienne, mais je cherche un truc pour penser à autre chose ! (pour l’instant bonbons sans sucre et noisettes-les nicorettes me donnent des nausées-J’espère que le livre d’Allen m’aidera.

  17. Boréale, 4 mars 2009:

    Tous mes espoirs sont avec toi Paco. Vas lire aussi le lien donné par Randall : http://tinyurl.com/6d8xy2

    :-)

  18. Pour les curieux, pour ceux qui se posent encore quelques questions et/ou qui hésitent, pour tous les fumeurs qui souhaitent arrêter de fumer… Un nouveau livre à lire. Une approche décalée, une version adaptée d’une formation dispensée en entreprise depuis plusieurs années, qui permet, entre autres, de découvrir et de comprendre que la dépendance n’existe pas. Que lorsqu’on arrête de fumer, il n’y a aucun manque, bien au contraire, et que ce qui est ressenti par les fumeurs et les fumeuses en cours d’arrêt, n’est surtout pas dû à un quelconque manque… Le Livre pour arrêter de fumer, réveillez le non fumeur qui sommeille en vous, par Christophe et Jean de Bellabre, aux éditions Demeter, disponible dans toute bonne librairie et dans tous les grands réseaux. Lorsqu’on arrête de fumer et quoiqu’on en dit habituellement, il n’y a aucun souci: il ne reste qu’une seule chose à faire… VIVRE ! Et, franchement, ça vaut vraiment le coup…

  19. Bressy, 23 mars 2009:

    @Randall

    Bonjour, pourriez-vous en dire plus sur cela: « [...] l’on peut vivre sans manger ou presque. C’est assez technique et on se remplit d’énergie d’une autre façon, que les ascètes maîtrisent. »

    Merci!

  20. Boréale, 23 mars 2009:

    Randall m’a conseillé les 2 bouquins suivants :
    1/Comment revivre par le jeûne, de H.Lützner
    2/Le jeûne, de Gisbert Bölling.

    J’aurais d’ailleurs l’occasion d’en parler prochainement.

  21. Randall, 23 mars 2009:

    Bressy > En cherchant un peu vous trouverez… Désolé, mais je ne souhaite pas en dire plus sur la place publique. Le jeûne tel qu’il est indiqué par Bölling et Lützner (régime Buchinger) est une expérience préalable évidemment !

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