Je continue ici ma réponse à Luc, à P.Wozniac, et plus globalement à ceux qui les rejoignent pour affirmer que le sommeil polyphasique (soit dormir en petites siestes tout au long de la journée, plus de détails ici) serait impossible.
Je me penche ici sur la fameuse période d’adaptation, les premiers jours et les premières semaines pendant lesquels on modifie totalement son rythme de sommeil.
Cette période d’adaptation peut être très éprouvante : le corps étant totalement privé de sommeil paradoxal pendant quelques jours, il peut réagir de manière brusque et violente (j’en ai fait l’expérience un soir), et au-delà de ces phénomènes ponctuels, la faiblesse (physique et mentale) et l’extrême fatigue peuvent rendre le passage extrêmement difficile, voire peut-être impossible pour certains.
A l’affirmation selon laquelle l’adaptation au sommeil polyphasique serait impossible, je ne peux que répondre par ma propre expérience (plus de 7 mois de sommeil polyphasique à ce jour), et par celle de nombreux autres, qui ont eux aussi réussi à passer le cap. L’adaptation est donc possible.
Par contre, est-elle possible pour tout le monde ?
Je n’ai pas de certitudes… mais il m’apparaît évident qu’on n’est pas tous égaux devant le sommeil : ce qui est valable pour certains ne l’est pas forcément pour d’autres. A ceci s’ajoutent nos différents modes de vie, qui peuvent entraver l’adaptation ou au contraire la faciliter.
On n’est pas tous égaux devant le sommeil
Certains s’endorment chaque soir de leur vie sans avoir la moindre idée de ce que peut être une insomnie.
D’autres redoutent le soir et ce moment où, la lumière éteinte, il faut de nouveau lutter contre soi-même et user de tous les subterfuges, les uns après les autres, pour tenter de réussir ce que les premiers réussissent quotidiennement du premier coup.
Certains adorent dormir, et ont toute leur vie bénéficié d’un sommeil excellent et régulier.
D’autres évitent le sommeil, ou l’ont évité pendant une période de leur vie, pendant laquelle, à force de nuits blanches de fêtes, d’amour et de travail, ils ont totalement déréglé leur rythme de sommeil.
Certains semblent avoir un sommeil particulièrement réparateur, car ils n’ont besoin chaque jour que de 5 heures de sommeil pour être bien, tandis que d’autres ont besoin de leurs 9 heures journalières.
Définitivement, on n’est pas tous égaux devant le sommeil. Il semble logique qu’il en aille de même face au sommeil polyphasique, et probable que ce type de sommeil convienne parfaitement à certaines personnes, et pas à d’autres.
Je ne sais pas si ceux qui bénéficient d’un sommeil excellent et régulier au naturel ont plus de difficultés à s’adapter à un nouveau rythme totalement différent, mais ce dont je suis sûre c’est qu’ils ont plus à perdre.
Les personnes de ma catégorie – insomniaques et toutes personnes ayant un rythme de sommeil totalement chaotique – trouveront peut-être dans le sommeil polyphasique une solution, une manière de réguler miraculeusement leur rythme de sommeil, et par conséquent leur rythme de vie.
C’est pour ma part ce que j’ai espéré trouver dans le sommeil polyphasique, et mes espoirs sont comblés.
D’une certaine façon, je dirais qu’ils n’ont rien à perdre à essayer. D’autant que cet espoir de transformation est une source de motivation très importante, qui saura les soutenir dans ces moments de l’adaptation où leurs paupières les supplieront de tout leur poids d’abandonner la partie.
A chacun ensuite d’évaluer si le dérèglement de son rythme habituel est un risque à prendre.
En tout état de cause, les motivations jouent un rôle essentiel dans la réussite de la tentative, et ceux qui risquent ce dérèglement pourraient être plus enclins à faire marche arrière. Ils devront donc se préparer des motivations solides s’ils désirent vraiment traverser la période d’adaptation… et passer, peut-être, de l’autre côté.
Facteurs entravants, facteurs facilitants
Au-delà de notre sommeil, notre mode de vie aura forcément un impact sur la réussite de l’adaptation. J’entends par là :
1/ La possibilité de faire des siestes régulières, dans un endroit quelque peu confortable et isolé… Car en effet, si à cause du travail vous prenez très vite des libertés avec les horaires des siestes, si vous sautez des siestes, en effet vous échouerez et vous aurez beau jeu de dire ensuite que l’adaptation est impossible.
Et pour le tout début je dirais même : prenez 2 semaines de vacances pour vous adapter. 1 semaine minimum. Et prévoyez de ne pas sortir faire la fête !
2/ L’alimentation ! En clair, je crois que pour un carnivore invétéré, amateur de pizzas et de plats en sauce, en effet l’adaptation au sommeil polyphasique est impossible. (mais je peux me tromper…
). Les témoignages que j’ai pu lire ici ou là tendent plutôt à accréditer l’idée selon laquelle, globalement, plus on a un régime végétarien moins on a besoin d’heures de sommeil. (J’en ai notamment parlé ici).
3/ D’autres facteurs ?
Je laisse la question délibérément large et ouverte, car ma découverte du qi gong m’invite à penser qu’il peut y avoir des soutiens inattendus, et peut-être différents pour chacun… ?
Dans mon cas, ça a été le qi gong, découvert 2 semaines avant de commencer le sommeil polyphasique : juste le temps de trouver ça génial lors d’un premier cours, de découvrir ensuite ce nouveau rythme de sommeil sur le net, d’aller à un 2ème cours pendant lequel j’ai essayé de mémoriser le maximum de mouvements, et de m’enfoncer dans le silence du mois d’août et dans les nuits éternelles du sommeil polyphasique, avec pour tout bagage mes quelques mémoires de mouvements que je répétais en boucle…
Le qi gong est l’art de maîtriser son énergie, et de ce point de vue je pense qu’il m’a été particulièrement utile pendant ces premiers jours de grande faiblesse physique… le qi gong donc, mais peut-être y a-t-il d’autres choses à découvrir ?

6 Comments
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Quid des répercussion sur la santée a long terme ?
As tu passés des tests suivant une méthode scientifique pour t’assurer que tu es en pleine possession de tes moyens ? Ton impression de te sentir aussi bien ne me convainc pas personellement. (Si tu ne l’as pas fait, il est bien sur trop tard. Il aurrait fallut passer ces tests avant et aprés le changement de rythme.)
Es tu suivit par un médecin ?
La santé à long terme, c’est le sujet de la 3ème partie, mais franchement,… c’est sûr qu’il faut que je fasse des recherches supplémentaires, mais pour ce que j’ai vu, déjà que les études sur le sommeil polyphasique sont rarissimes, alors sur le sommeil polyphasique à long terme, passés les 1ers mois…. Je serai déjà curieuse de savoir combien on est…
La pleine possession de mes moyens… je reviendrai en détail là-dessus, mais pour l’heure, pour ce qui est des tests et d’être suivie par un médecin :
- Des tests : je n’ai pas fait de tests avant/après. J’ai par contre lu (dans le bouquin de Polydoxyk, cf la page dédiée) que certains se sont inquiétés d’une éventuelle perte intellectuelle avant de commencer, et ont fait des tests avant, pendant la période d’adaptation, et après. Leurs capacités intellectuelles ont diminué pendant l’adaptation, mais au bout de 2 mois ils avaient recouvré toutes leurs facultés.
- Sur le fait d’être suivie par un médecin : non, je ne suis pas suivie. J’ai juste eu un rendez-vous avec mon ostéo 2 mois après le début, il s’est montré très curieux et surtout a été très étonnée de me trouver en bien meilleure forme, avec une bien meilleure posture que 6 mois plus tôt. Cette meilleure posture n’est peut-être pas dûe au sommeil polyphasique, mais en tout cas de ce point de vue ça ne m’a pas abîmée.
Pourquoi pas de médecin ? A vrai dire, ça aurait été intéressant de faire des comparatifs avant/après, mais outre le fait que je ne me sens pas l’âme d’un rat de laboratoire, j’ai surtout commencé très vite : environ 48 heures après ma découverte de ce sommeil sur le net, je m’y mettais ! D’une part par impatience et curiosité, d’autre part parce que c’était fin juillet, une période morte pour le boulot cette année, et c’était donc le moment ou jamais de me lancer…
J’ai pensé quand même à voir un médecin… mais je me suis dit que n’importe quel médecin allait plutôt essayer de me dissuader, ne serait-ce que par prudence, pour éviter à tout prix qu’un conseil encourageant ne leur retombe dessus ensuite.
Du coup, je voyais surtout un médecin comme des bâtons dans les roues…
Il aurait fallu que je prenne le temps, de trouver un médecin intéressé par cette étude, et qui soit plus un soutien qu’un frein…
bonjour,
je découvre un votre expérience, et j’ai effectivement des doutes (mais juste une intuition) sur ce systeme.
On peut dire que le sommeil polyphasique dérègle le systeme naturelle de sommeil, alors on est peut-etre sensé ce dire que cela se rapproche des problèmes de santé lié au travail de nuit par exemple.
(approche de première vue)
qui sont sur le long terme
-pb cardiovasculaire (x2)
-trouble digestif (etes-vous plus sujette à cela ?)
-cancer du sein (difficle à prouver pour vous)
-et surtout problème sur l’humeur/depression
Sinon sur le rythme polyphasique certainement que des études ont été faites puisque les marins en solitaire l’utilise pour leurs traversées.
Au sujet des troubles dont vous parlez, liés au travail de nuit dites-vous :
- troubles digestifs ? Aucun problème pour moi.
- Impact sur l’humeur, dépression : à vrai dire, je suis heureuse et j’ai un moral en béton armé depuis 6 mois !! Je ne veux pas exagérer, et peut-être que ça n’a rien à voir avec le sommeil polyphasique… en tout cas, celui-ci n’entrave en rien mon très bon moral !
Pour ce qui est de problèmes cardiovasculaires ou de cancer du sein, je ne peux rien en dire. Mais l’ensemble des symptômes dont vous parlez me rappelle surtout les symptômes dont on parle pour la fatigue. La fatigue est très néfaste pour la santé, et c’est avant, lorsque ma vie était esclave de mes insomnies, que j’ai pu expérimenter ses symptômes, et notamment tous les troubles sur l’humeur, dépression ‘n co.
Au sujet des études, j’ai parlé de Stampi (http://www.sleepingschedules.com/understanding/researchers/stampi/), qui a fait des études sur les skippers… mais (à vérifier), il me semble que ces études ne portent pas sur 6 mois, 1 an ou plus…
Je commente très tardivement, pardon ! J’avais une question, à laquelle vous avez peut-être déjà répondu mais j’ai dû passer à côté … Concrètement, le premier jour, ça se passe comment ? C’est la question qui me rend curieuse : comment on passe, du jour au lendemain, de 8h de sommeil d’un coup à 4h réparties dans la journée ? A quel moment de la journée on se dit « Bon, je m’y mets, là ! » ?
Encore mille pardons si la question a été évoquée mille fois ; j’ai lu les bilans après 2 mois/6 mois, le moment de la prise de décision … je suis peut-être juste passée à côté !
Bonne continuation
Bonsoir Violaine, voici mon 1er billet sur la question :
http://www.lafabriquedesidees.com/2008/07/vivre-presque-sans-dormir-jour-1/
et peut-être n’avez-vous pas vu ma page dédiée :
http://www.lafabriquedesidees.com/sommeil-polyphasique/
Bonne lecture !
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