4 heures de sommeil par jour, pour quelle fatigue ? (3a/3)

Posted on mar 13, 2009 by Boréale in Profiter de la vie, Retours d'expérience, Savoir se détendre, Sommeil polyphasique | 11 Comments

chatsoleil_valeriegalland(photo prise par Valérie Galland)

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Infections, inflammations, hormones de croissance réduites, somnolence, perte d’attention, dépression… Ah, j’oubliais les maladies cardio-vasculaires !

De quoi s’agit-il ? Du charmant programme (tapi dans l’ombre, bien entendu) qui attend le fougueux aventurier du sommeil polyphasique ???
Ra-tééé !!! :-)
Bon, pas de surprise (désolée !) pour ceux d’entre vous qui me suivent depuis quelques temps. A tous les autres, permettez-moi ce cri du coeur : cessez d’amalgamer sommeil polyphasique et fatigue !
Car oui, tous ces symptômes énumérés sont ceux de la fatigue, et n’en déplaise au « bon sens », et aux éconduits aventuriers qui ont tenté et abandonné l’expérience, NON la fatigue n’est PAS égale au sommeil polyphasique. Et les symptômes de la fatigue n’envahissent PAS plus la vie de la décervelée polyphasique que je suis aujourd’hui que celle de la toute aussi décervelée monophasique que je fus.
Au contraire.
Pour bien commencer ma 3ème partie sur la santé à long terme du dormeur polyphasique, voici un petit topo sur la fatigue.

Après avoir traité de la période d’adaptation, voici les développements que je peux apporter concernant la santé d’une dormeuse polyphasique au long cours. « Au long cours » : j’entends par là plus de 6 mois. La limite peut paraître arbitraire, mais je l’ai trouvée significative. Il me semble que passés les 6 premiers mois, mon corps a franchi un palier et a accepté son nouveau rythme de croisière. Puredoxyk, qui dort ainsi depuis plus de 2 ans, parle elle aussi d’un palier significatif à 6 mois.
Evidemment, il y a un autre long cours, dont je vous parlerai quand j’aurai 20 ans de sommeil polyphasique derrière moi ! :-)
Mais il est un peu tôt pour en parler.

Je sais que des études sur ces types de sommeils ont été menées sur les skippers par le Dr.Stampi, mais à ma connaissance elles ne portent pas sur des durées supérieures à 6 mois. Je serais très heureuse d’avoir des données fiables sur le mystère dans lequel je m’enfonce, un peu de visibilité sur les effets à long terme de l’expérience que je mène. Pour l’heure, je vous soumets ici les constats que je peux faire sur la base de mon expérience, après 8 mois et demie de sommeil polyphasique sur le mode Everyman.

Suis-je fatiguée ? Bah, ça va plutôt bien, et vous ? ;-)

Cette question de la fatigue est cruciale, car « le bon sens » voudrait que je sois épuisée : « 4 heures de sommeil par jour, forcément, on ne tient pas, à moins d’être crevée… »
Qu’en est-il ?

Pas de fatigue chronique

Je peux affirmer que le sommeil polyphasique au long cours n’est pas plombé par une fatigue chronique.
Je peux estimer que tous les symptômes avancés en introduction, conséquences néfastes de la fatigue, ne risquent pas de m’affecter davantage que n’importe quel dormeur ordinaire, puisque je ne suis pas plus  fatiguée.

Précisons donc : quand j’écris « je ne suis pas plus fatiguée », ça ne signifie pas que je ne suis ‘jamais’ fatiguée, et que je suis un lapin Duracell toute la journée ! (quoique… ;-) )
J’ai comme tout le monde des moments de fatigue, mais en effet un peu différents des moments de fatigue du quidam monophasique.

  • Quand je suis le rythme à la lettre, et que mes siestes sont bonnes, je ne suis pas fatiguée.
  • Je suis fatiguée quand je romps le rythme en manquant une sieste. C’est un manque net de sommeil, et le rythme est mis à mal.
  • Entre une bonne sieste et pas de sieste du tout, il y a tout le panel des situations intermédiaires : mauvaise sieste due à des circonstances pratiques peu propices, sieste très agitée dûe à telle excitation ou tel énervement… Evidemment si la sieste a été mauvaise, je n’ai pas mon quota de sommeil et je suis fatiguée. Comme n’importe qui ne dormant pas assez.
  • J’ai l’inconvénient de l’avantage : autant une simple sieste de 20 minutes me rebooste pour 5 heures, autant la fatigue se fait sentir si je retarde une sieste (une heure de retard, c’est déjà beaucoup). En ce sens la fatigue est différente : quand la fatigue me prend, c’est le coup de barre, en un quart d’heure chrono mon état se métamorphose : alors que mon état était normal, voilà que je dors debout ! Dans ces moments-là je ne rêve que de faire une sieste… et 20 minutes plus tard c’est bon, je suis de nouveau pleine d’énergie.
  • C’est là la principale différence avec le sommeil ordinaire : je ne connaissais pas d’aussi brusques coups de barre.

En cas de fatigue, comment récupérer ?

Mais alors, dans ces cas-là, dans un cas de fatigue passagère, et à plus forte raison si elle s’accumule depuis 2 ou 3 jours, avec un rythme aussi draconien, comment récupérer ? Sans grasse matinée ?
Je n’ai pas encore trouvé la solution idéale. Quelques constats cependant :

  • Il faut dans la mesure du possible limiter les manques de sommeil consécutifs, tout faire pour éviter de manquer 2 siestes de suite par exemple, sous peine de fragiliser le rythme, et par conséquent la qualité du sommeil.
  • Dormir une vraie nuit pour récupérer ? Oui et non. En fait j’ai pu constater à quel point la régularité du sommeil est essentielle, peut-être davantage pour le sommeil polyphasique que pour le sommeil ordinaire, dans la mesure où il est crucial que l’endormissement soit très rapide et que la qualité du sommeil soit excellente. Une nuit de sommeil est à double tranchant : un peu de repos (et encore, efficacité horaire basique…) mais en échange d’une brisure du rythme, ce qui peut être pénible par la suite. Donc si nuit de repos il y a, la limiter à 3 ou 5 heures de sommeil en extra, et SURTOUT, qu’elle soit isolée !
  • De manière générale, toute modification du rythme doit être isolée, car la qualité du sommeil dépend grandement de la régularité du rythme : 1h30 de plus ici, 30 minutes là, puis une sieste manquée, une autre décalée de 2 heures… Tous ces petits arrangements et décalages sont autant de coins enfoncés dans la qualité du sommeil sur laquelle repose tout le rythme polyphasique… Pour préserver la qualité du sommeil il est donc essentiel de limiter au maximum ces arrangements, et de les circonscrire pour éviter tout dérèglement.
  • Je préfère la méthode consistant à faire des siestes de 20 minutes supplémentaires. Il m’est arrivé de bien récupérer en ajoutant quelques siestes intermédiaires sur 2 jours, comme il m’est arrivé aussi d’ajouter une sieste supplémentaire et d’être finalement plus fatiguée que reposée par cette brisure de la régularité du sommeil… qui décidément (allons bon, bis repetita) est vraiment essentielle…

Moins de fatigue qu’avec un rythme ordinaire perturbé

Pour résoudre ces moments de fatigue, je n’ai pas encore trouvé la formule magique, mais la régularité du sommeil est peut-être la meilleure réponse, car quand il est régulier, je suis en pleine forme.

Les détails que je donne ici peuvent donner l’impression que ce sommeil est très compliqué. Il est plus contraignant qu’un sommeil sans horaires particuliers en effet, mais selon moi les bénéfices le valent bien. En terme de temps évidemment, mais aussi, pour rester dans notre sujet, en terme de forme :

En ce qui me concerne, le passage au sommeil polyphasique (une fois l’adaptation passée) a signifié MOINS DE FATIGUE.
La fatigue et ses symptômes, je les ai connus par coeur pendant des années d’insomnies plus ou moins vives, toujours latentes. Passer au sommeil polyphasique m’a débarrassée de ces insomnies, et par conséquent : de la fatigue qui allait avec, de la perte de temps et de l’énervement qui allaient avec, de la déprime qui allait avec, de la sensation de ne pas pouvoir maîtriser sa vie qui allait avec.
Je lui en sais gré, infiniment.

11 Comments

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  1. CoachDom, 13 mars 2009:

    C’est drôle je pensais à toi cet après midi alors que mes yeux se perdait dans le bleu du ciel ensoleillé et je me posais cette question : Est ce que la grossesse peut être envisagée si l’on pratique le sommeil polyphasique ?

    En fait cela m’interpellait car la grossesse est peu ou prou une période spéciale en terme d’utilisation des ressources du corps féminin, et je me demandais si le sommeil polyphasique pouvait être perturbé par la grossesse et inversement si la grossesse pouvait être perturbée par le sommeil polyphasique.

    Y-a-t-il eu des précédents ?

  2. Michael, 13 mars 2009:

    Vraiment un grand merci pour partager ton expérience avec autant de détails.

    C’est assez fascinant de voir à quel point les rythmes traditionnels n’ont pas autant d’importance qu’on le pense.

    Penses-tu revenir un jour à un rythme traditionnel ?

  3. Boréale, 14 mars 2009:

    @CoachDom :
    Ben pourquoi tu me poses cette question qui n’a rien à voir avec mon article ? ;-)
    Je n’ai pas encore eu l’occasion de me poser la question. :-) Mais maintenant que tu en parles, c’est vrai que ce serait intéressant d’en savoir plus. Si je lis des trucs là-dessus à l’occasion, j’en parlerai ici.

    @Michael :
    Oui, cette relativité de ce qu’on pensait intangible, c’est peut-être le renversement le plus important de cette expérience.
    Pour ce qui me concerne, si je reviens un jour au rythme traditionnel, je crois que ce sera par nécessité.

    :-)

  4. Ouioui, 14 mars 2009:

    CoachDom te pose cette question parce qu’elle n’a rien à redire sur ton article, c’est évident !
    Si si, tu est visiblement très fatigué, sans doute le début de la fin !

  5. Bressy, 22 mars 2009:

    Chère Madame,

    Je découvre avec beaucoup d’intérêt votre expérience concernant le sommeil polyphasique.

    J’ai particulièrement trouvé intéressant vos commentaires vidéos vis à vis de votre perception de l’énergie et du temps.
    Je crois aussi que l’être humain a fort à profiter de se mettre en adéquation avec la nature.
    J’espère avoir le plaisir de vous rencontrer un jour.

    Très cordialement,
    Jean-Sébastien Bressy.

  6. sportif_imbecile, 28 mars 2009:

    Désolé si je ne suis pas allé au bout de ma lecture: c’est que je suis trop fatigué ;-)

  7. Fabien, 29 mars 2009:

    Bonjour Boréale, c’est Fabien de Toronto, on continue à éditer le footage, d’ici à Avril ça devrait être fait.
    Je pratique le sommeil polyphasique depuis 2 mois et un problème se pose. C’est un problème et en même temps c’est vraiment cool parce que ca m’était trés trés rarement arrivé dans le passé. C’est la superlucidité que j’ai dans mes rèves. D’un cotè, c’est génial parce que je me retrouve dans mes rêves et je suis totalement conscient, c’est une sensation bizarre mais vraiment enrichissante genre nouvelle expèrienence, nouvelles sensations. Le problème est que certaines fois je suis tellemente lucide que ma lucidité me rèveille du coup je me réveille après 5 minutes parce que je suis trop conscient pour continuer à réver, je reviens immédiatement à la surface. Sur 2-3 jours je finis toujours par récupérer (quand on s’écroule de fatigue on s’écroule) mais couper court à 2 siestes d’affilée me met au radar jusqu’au sommeil de 3 heures ou je n’ai conscience de rien. Est-ce que cela t’arrive de temps en temps? Est-ce que tu arrives à rester endormi bien que super lucide? Comment fais-tu?
    Merci,
    Fab

  8. Boréale, 29 mars 2009:

    Salut Fabien ! :)
    Ca fait plaisir d’avoir de tes nouvelles, et je suis heureuse d’entendre que tu t’es remis au sommeil polyphasique ! :-)

    Pour ce qui est des rêves extralucides, je serais bien en peine de t’aider : il me semble que je n’en ai pas… ou alors j’en avais déjà avant et c’est juste normal pour moi, j’en sais rien, mais je n’ai pas du tout l’impression d’avoir expérimenté quelque chose de nouveau de ce point de vue en changeant de rythme de sommeil. :-(
    Je peux à l’occasion avoir l’impression de me sentir rêver, mais c’est tout. Et ça ne m’empêche pas de dormir comme un bébé. :)

    Peut-être que tu auras plus d’infos en posant la question dans le Google group ? (http://groups.google.com/group/Polyphasic?pli=1 )
    A bientôt ! ;-)

  9. Erwin, 18 mars 2010:

    salut Boréale simple curiosité est ce qu’il y a une femme qui pratique le sommeil polyphasique peut avoir un bébé, être enceinte??? est ce que dormir si peu n’a t il pas un probable effet tératogène?? je m’y suis mis depuis peu et ça commence juste à aller mieux

  10. Boréale, 18 mars 2010:

    J’en sais rien, je n’ai jamais rien lu de tel dans les forums sur le sommeil polyphasique, mais je ne vois pas du tout pourquoi ça poserait problème.
    La seule période difficile c’est l’adaptation. Après…. c’est pas parce qu’on fait les choses un peu différemment qu’il faut s’imaginer des horreurs !

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