Vous en avez ras-le-bol de procrastiner ? De toujours tout remettre à plus tard ? Vous avez donc lu mon précédent article sur le sujet, dans lequel je suivais Neil Fiore, auteur du remarquable « The Now Habit » ? J’y résumais son chapitre concernant les Raisons pour lesquelles nous procrastinons. Je pensais résumer tout le reste de ce livre passionnant ici même, dans ce second article…. mais The Now Habit est un livre pratique, plein de conseils précis…. et j’ai trouvé qu’il serait dommage de ne pas les porter à vos oreilles, d’autant qu’apparemment il n’est pas encore traduit en français. J’invite cependant les anglophones parmi vous à faire cet excellent investissement.
Je poursuis donc ici la lecture. Neil Fiore, après nous avoir expliqué pourquoi nous procrastinons, nous invite à une fine observation de nos attitudes et réflexes présents, afin d’avoir un juste vision de la réalité de notre procrastination. L’analyse de notre langage en fait partie : observer avec attention notre langage, observer les discours intérieurs que nous nous tenons à nous-mêmes, permet de distinguer des automatismes, et les croyances qui les sous-tendent.
Je vous invite à lire déjà cette partie très riche, avant de continuer au 3ème épisode que je publie juste après (je coupe en petits bouts, après c’est trop riche et on ne capte plus rien…
)
UNE ANALYSE DU PRESENT :
A- Commencer par savoir COMMENT nous procrastinons, en observant notre temps avec des outils adaptés.
1/ Juste observer, pour devenir conscient de ses propres comportements. Sans juger.
Qu’est-ce qui différencie les moment où vous êtes vraiment productifs des moments où vous êtes seulement occupés ?
Si vous êtes toujours en retard, dépassés par les détails, surpris par les échéances, procrastinant sur plusieurs projets et sans jamais avoir le temps de vous détendre et de passer une soirée entre amis, vous avez un problème de gestion du temps. Si vous vous sentez pressuré tout le temps, si vous n’arrivez pas à vous concentrer sur vos tâches essentielles, ce n’est pas normal.
Faire un suivi de toutes ses activités pendant 3 jours. Diviser chaque journée en 3 ou 4 segments (par commodité), et noter le temps réellement passé sur chaque activité. Pour synthétiser les heures passées à travailler, au lieu de détailler chaque projet, distinguez 3 niveaux de priorité : très important (A), important (B),moins important (C). Les travaux (B) et (C) peuvent servir de break momentané au milieu d’une plage horaire passée sur un travail (A) qui demande plus de concentration.
Ce 1er exercice de suivi permet déjà de faire quelques ajustements, de réaliser le temps perdu à regarder la télé le matin au lever par exemple, ou de réaliser que telle activité très importante (A) gagnerait à être faite dès l’arrivée au travail en début de matinée……
Surtout, ne pas s’attendre à travailler 8 heures par jour de manière efficace. Il y a beaucoup d’activités légitimes qui ne sont pas directement productives. C’est normal. Le but ici est simplement de chercher les améliorations possibles, et de comprendre quels sont les faits, les évènements qui provoquent la procrastination ou le travail non efficace.
2/ Le suivi de procrastination.
Faire un tableau avec les colonnes suivantes :
- Heure,
- Activité (entamée) et niveau d’importance,
- Pensées à ce moment : exemples : « je dois… mais j’ai pas envie », « j’ai bien le droit de me reposer un samedi », « il faut que ce soit génial »…
- Justification : exemples : « il fait trop beau dehors », « j’ai plus d’énergie », « je suis trop angoissé »…
- Solution apportée : exemples : « travaillé sur un dossier puis fait une promenade », « regardé la télé », « pris un café »…
- Pensées et sentiments qui en résultent : « me suis senti mieux pour m’y remettre après la promenade », « culpabilité, auto-flagellation pour ma paresse », « je me sens mal, encore plus angoissé qu’avant »….
Identifier précisément les blocages permet déjà de chercher des solutions. De bloquer 3 demi-heures déterminées dans la semaine pour faire le travail devant lequel on n’arrête pas de procrastiner, par exemple.
Plus globalement, ce suivi de procrastination permet de déterminer quelles pensées nous amènent vers un travail efficace ou quels types de procrastination sont suivies de pensées coupables. Il permet d’identifier les peurs, les pressions, qui sont directement associées avec telle ou telle tâche. Par exemple, il est possible que vous pensiez à la tâche à venir avec des termes qui vous la font apparaître comme une montagne dont vous ne verrez jamais le sommet. Ainsi, soyez très attentifs à vos discours intérieurs, et à la manière dont votre langage peut provoquer l’efficacité ou au contraire la procrastination.
B- Observer également quels discours intérieurs nous nous tenons à nous-mêmes.
Des messages contre-productifs
Se parler à soi-même de manière autoritaire est le signe qu’on se sent forcé de faire quelque chose, et tandis qu’une moitié de nous exerce une pression, l’autre moitié rechigne. Il est très courant d’essayer de se motiver soi-même en se disant « Il faut que… Je dois faire ceci… Je devrais faire cela… », mais en fait, ce que ces affirmations communiquent ouvertement à notre esprit, c’est « Je n’ai pas envie de faire …. , mais je dois me forcer à le faire ». L’auto-aliénation contenu dans ces mots entraîne mécaniquement conflit intérieur et procrastination. Sans compter que ces injonctions disent aussi, subliminalement, que la tâche en question est pénible et du genre à faire fuir.
Conflit intérieur, procrastination, anxiété et vision négative du travail : ces messages en un mot sont contre-productifs.
Se dégager de ce conflit intérieur voix autoritaire/rebelle passe donc par l’apprentissage d’un nouveau langage.
« Je dois » communique au subconscient :
- Je n’ai pas envie de…
- Ca va contre ma volonté, je suis une victime.
- Si je ne le fais pas, ce sera terrible. Je vais me détester.
- Dans un cas comme dans l’autre de toute façon, je perd.
Objectif : passer à un langage du choix et de l’engagement : des messages intérieurs tels que « Je choisis… Je décide… Je vais…. » dirigent l’énergie directement vers un but personnel et précis, et engage notre responsabilité. Comme Neil Fiore l’explique à une patiente qui ne supporte pas de faire un rapport annuel (et qui procrastine donc sans fin) : « Si vous écrivez ce rapport, autant choisir de le faire en en portant toute la responsabilité.(…) Chaque « je dois » doit être remplacé par une décision adulte, sur la manière dont vous allez entamer ce travail, OU sur la manière dont vous allez expliquer à votre patron que vous ne le ferez pas. »
« Il faudrait que… Il faudrait que je sois…»
Dans la bouche du procrastinateur, ces mots signifient : « Les choses ne sont pas comme elles devraient être, mais plutôt que d’essayer d’y changer quelque chose, je vais me plaindre et me sentir mal. »
- « devrait être différent » : compare la réalité actuelle conçue comme négative à un idéal imaginaire parfait.
- « devrait être fait » : reproche au point de départ de ne pas être le point d’arrivée.
- « je devrais être comme lui/comme elle » : compare la personne que j’envie à un ‘moi’ détestable.
Ces conditionnels sont eux aussi contre-productifs, en programmant l’esprit avec ce message subliminal : « Je suis mauvais. Cet endroit est moche. La vie est nulle. Mon niveau est nul et je suis moche. » . Résultat : alors que les « Je dois » entraîne le stress, les « je devrais » mènent à la dépression. Ils entraînent l’impression de porter un fardeau, la victimisation, et l’échec au bout. Attention, il est tout à fait légitime de poursuivre un idéal ! Mais ces comparaisons négatives n’apportent rien, et ne donnent aucune indication sur le moyen d’avancer.
Pour avancer, il est bien plus efficace d’indiquer à son subconscient :
- QU’EST-CE QUE je CHOISIS de faire
- QUAND je CHOISIS de le faire ;
- OU je CHOISIS de le commencer ;
- COMMENT je CHOISIS de le faire.
- Et rien ne sert de se lamenter sur son passé. Mieux vaut se demander : Qu’est-ce que je peux faire MAINTENANT ?
La suite dans la soirée !
5 Comments
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depus la mort de mon fils je ne fais plus surface
Bonsoir Martine,
Je suis bien en peine pour te répondre… Devant la mort de ton fils, mes expériences n’ont aucune légitimité…
Pour ce qui est de la procrastination, elle est pour toi – il me semble – l’une des formes que prend la dépression…
La dépression, je connais… un ennemi redoutable… mais elle a toujours un talon d’Achille…
Je te souhaite de tout mon coeur de réussir à renaître autrement.
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