The Now Habit, 3ème épisode !
Surmonter la procrastination est une vraie aventure… !
Neil Fiore a porté notre attention, au 2ème épisode, sur les mots que nous employons : ces mots nous amènent, inconsciemment, à trouver tel travail ou telle décision pénible, et par conséquent nous repoussons le moment de s’atteler à la tache ou de décider.
Neil Fiore nous révèle comment il a découvert une 3ème voie possible entre « Je dois » et » Je Veux », et nous invite à changer de langage.
(la suite milieu de semaine prochaine je pense, car je commence une semaine de folie…)
CHANGER DE LANGAGE :
La révélation de Neil Fiore
Neil Fiore raconte que cette importance du choix lui est apparu lors de son 1er saut en parachute dans l’armée américaine. Il voyait tous ses camarades sauter de l’avion, mais malgré eux, en se retenant, ce qui était même dangereux pour leur vie. Il était d’abord comme eux, se sentant terrorisé comme une victime apeurée, jusqu’au moment où il s’est relevé et s’est dit : « Moi je ne sauterai pas comme ça. Je choisirai de sauter, comme moi je le déciderai. » Ce changement d’angle de vue a totalement transformé son attitude : le stress laissa la place à un esprit actif et raisonné, la victimisation disparut devant le sentiment de puissance créé par le choix : « C’est alors que je découvris le pouvoir du CHOIX – une 3ème solution, qui n’est ni ‘Je Dois’, ni ‘Je Veux’. »
Il en va de même dans la vie courante.
Il est tout à fait possible de changer d’angle de vue, et de faire le choix du choix, loin des affirmations stressantes et déprimantes. Il ne s’agit pas de passer du ‘Je Dois’ au ‘Je Veux’, d’avoir envie de faire telle tâche pénible ou de l’aimer. Simplement, si au vu des conséquences de la tâche menée à bien et des conséquences de cette tâche non remplie, on préfère les premières, alors il est tout à fait possible de faire le choix de s’y engager pleinement, à coeur ouvert. Et d’employer le langage qui va avec : « Je vais…., à telle heure je serai…. J’irai… »
Et ce même si les choix sont pourris. Il y a toujours un chemin qui aura plus de sens pour moi que l’autre. Et le simple fait de le choisir volontairement va le rendre moins pénible, plus rapide aussi.
A chaque fois que vous sentez faiblir votre motivation pour un projet, cherchez dans vos pensées subconscientes les « Je dois » implicites, et prenez la décision d’accepter ce chemin/d’accomplir telle tâche, et ses conséquences, ou de le/la refuser (en choisissant les conséquences de ce refus).
Savoir dire NON.
Dire non, pour un procrastinateur qui se soigne, est un exercice important. C’est un moyen de ne pas tomber dans le travers : « La valeur de mon travail détermine ma valeur en tant qu’individu ». Il s’agit ainsi d’affirmer son estime de soi. C’est aussi un moyen de reconnaître/de faire reconnaître des limites, ce qui peut permettre de ne pas être noyé par une charge de travail intenable.
On peut dire non normalement, sans aggressivité, sans être sur la défensive.
Les 5 changements de langage à opérer
- « Je dois » >> « Je choisis » . Etre attentif à son discours intérieur, et à son attitude physique aussi : le fait de baisser les épaules devant une tâche est déjà le signe qu’on y voit un fardeau, qu’on se sent plus victime que responsable.
- « Je dois finir » >> « Quand est-ce que je peux commencer ? » : se focaliser sur la portion de tache réalisable, plutôt que de regarder un objectif final lointain, abstrait et paralysant. Se demander quand je peux commencer est déjà un moyen de se pré-programmer pour un futur proche.
- « Ce projet est trop gros/trop important » >> « Je peux faire un petit pas » pour éviter une anxiété inutile. Une série de petits pas est moins impressionnante, donc moins paralysante.
- « Je dois être parfait » >> « Je peux être parfaitement humain » . Vivre dans l’angoisse de la perfection est le plus sûr moyen d’échouer. Neil Fiore conseille aux perfectionnistes de faire exprès de mal faire une 1ère version du travail (sans forcément le montrer !). Etre volontairement imparfait en faisant trop vite et mal, en écrivant au crayon plutôt qu’au stylo d’abord, en faisant un dessin grossier plutôt qu’un dessin léché : l’envie d’excellence viendra bien après préciser l’ébauche.
- « Je n’ai pas le temps du plaisir » >> « Je Dois prendre le temps du plaisir. » : S’interdire toute détente pour travailler va entraîner un ressentiment vis-à-vis du travail. Prendre le temps de faire du sport, de dîner avec des amis, de faire des pauses pendant la journée et de prendre des vacances dans l’année : ces engagements développent l’estime de soi qui est au coeur du désapprentissage de la procrastination. Et savoir qu’un travail pénible sera suivi d’une détente prévue le rend déjà moins pénible.
Ces auto-injonctions positives diminuent la douleur associée au travail et augmentent les chances d’y trouver de l’estime de soi. Il s’agit donc de transformer son discours subconscient de manière à penser : « Je Choisis de Commencer avec Un petit pas, en sachant que j’ai plein de temps pour ce que j’ai envie de faire ».
Heureusement il est tout à fait possible de passer progressivement d’une voix à l’autre : soyez attentif à votre discours intérieur et remettez-vous sur la bonne voie dès que vous vous sentez revenir à la logique autoritaire. Vous développerez petit à petit une nouvelle manière de fonctionner.
(Cet article est écrit dans le cadre de la Croisée des Blogs du mois de juin, qui traite précisément de la procrastination. Puisque c’est moi qui l’organise, le prochain article sera le récapitulatif de tous les articles écrits sur le sujet par l’ensemble des blogueurs participants. Je continuerai ensuite la dissection de ce livre vraiment très intéressant….
)
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