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Décidément ! ![]()
Voici donc un deuxième billet en réponse directe à un commentaire, celui de Bartux en réponse à mon billet précédent (en date du 4 nov. 2010), qui racontait sa propre tentative de sommeil polyphasique et indiquait 2 études sur le sommeil :
- « Night work: its effects on the health and welfare of the worker »
- Impact d’une dette de sommeil sur les rythmes physiologiques
Ces études ne portent pas sur le sommeil polyphasique, mais peut-on peut-être considérer que certaines de leurs conclusions s’appliquent à cette autre forme de sommeil également ? Voici quelques remarques :
1/
Globalement, je reste très dubitative quand à l’application des conclusions de ces rapports au sommeil polyphasique. En effet, l’un comme l’autre ne font pas la distinction entre privation de sommeil et fatigue comme décrite dans mon billet précédent. La confusion reste toujours plus ou moins de mise, ce qui se comprend parfaitement à partir du moment où sans adaptation polyphasique, privation de sommeil et fatigue vont toujours de pair.
Ainsi, dans l’étude sur le travail de nuit, l’auteur parle de « over-fatigue »… ce qui ne s’applique pas du tout au sommeil polyphasique hors période d’adaptation !
C’est le problème en permanence avec les études sur le sommeil normal : « privation de sommeil », ok le SP est concerné, et hop c’est mélangé à la « fatigue », alors que le SP, hors période d’adaptation, n’entraîne pas plus de fatigue que le rythme normal ! Alors même, je pourrais dire dans mon cas, que le SP m’a permis de régler mes problèmes de fatigue chronique !
Un pied d’un côté, un pied de l’autre… :-/
Je rejoins Thibault sur le fait qu’il faudrait des études portant sur le sommeil polyphasique, étant capables de prendre en compte cette distinction privation, ou plutôt réduction de sommeil/fatigue.
La seconde étude, quant à elle, détaille l’altération de la distribution des cycles de sommeil, ce qui nous intéresserait grandement… si on parlait de cette altération avec un régime polyphasique. En effet, les auteurs nous décrivent ensuite toutes leurs observations, mais comment savoir si l’altération ‘polyphasique’ des cycles de sommeil produisent les mêmes effets ?
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2/
Ces réserves étant posées, je peux bien entendu me prononcer sur leurs observations au regard de ma propre expérience, mais en dehors de toute analyse :
- L’étude sur le travail de nuit est peut-être la plus intéressante puisque, en dehors de toute question de fatigue, le dormeur polyphasique se trouve lui aussi éveillé en période nocturne.
L’auteur détaille des troubles gastriques, digestifs, nerveux et cardiaques chez les travailleurs de nuit.
En ce qui me concerne, aucun problème gastrique ou digestif à constater. Il faut dire que mon rythme alimentaire est déjà totalement aléatoire à la base !
C’est à propos des troubles nerveux que l’auteur parle d’ »over-fatigue » et détaille ce qui génère cette fatigue. Du coup la dormeuse polyphasique que je suis ne se sent pas du tout concernée, d’autant que le SP me calme plutôt qu’il ne m’énerve.
A noter d’ailleurs : le fait d’être éveillé la nuit est un facteur de sérénité resté inétudié à ce jour !
L’auteur détaille les troubles du sommeil que connaissent les travailleurs de nuit (problèmes d’endormissement, insomnies, déséquilibre entre les différentes phases du sommeil) et explique qu’ils sont cause de dépression. Et en effet, tout ceci est bien éloigné du sommeil polyphasique, puisque le principe de celui-ci n’est pas de désorganiser mais d’organiser autrement le sommeil. Autrement dit, le dormeur polyphasique super régulier ne souffre justement pas d’un sommeil chaotique.
Reste les phénomènes cardiaques, qui m’intéressent grandement. Un tableau en fait état, mais l’auteur n’en parle pas ! Ca doit faire au moins 4 fois que je relis, pas un mot. Allez voir à votre tour et dites-moi si j’ai loupé quelque chose !
(Ca m’intéresse grandement car j’ai parfois le sentiment d’avoir un rythme cardiaque trop élevé. Juste un sentiment, mais donc je suis particulièrement curieuse à ce sujet. Ceci dit, ça m’arrivait avant de connaître le SP.)
- La seconde étude détaille, chez des sujets privés de sommeil de manière monophasique, des modifications de la distribution des rythmes de sommeil. Le SP réorganisant les stades du sommeil totalement différemment, rien ne nous permet de savoir si les troubles, hormonaux en particulier, qui résultent de ces modifications sont également à déplorer chez le dormeur polyphasique.
Une des conséquences de ces modifications de rythme serait des problèmes de dépression. Je n’ai rien connu de tel.
Elle termine en formulant des hypothèses concernant l’impact possible de ces modifications sur le vieillissement, l’obésité et le diabète. Là dessus je ne peux rien dire, je n’ai pas vieilli prématurément en 2 ans, je pèse le même poids qu’il y a 2 ans, et je n’ai pas de problèmes de diabète à déplorer.
Ces études ne s’appliquent pas au sommeil polyphasique. Il est possible que le sommeil polyphasique ait des conséquences néfastes, puisqu’il perturbe l’activité nocturne du corps, modifie l’organisation des cycles de sommeil et entraîne vraisemblablement des modifications hormonales. Mais le caractère spécifique du sommeil polyphasique, forme de réduction de sommeil n’entraînant pas de fatigue après période d’adaptation, le différencie trop nettement du sommeil ordinaire pour considérer que les conclusions de ces rapports s’appliquent aussi à lui. Encore une fois, il faudrait pouvoir faire des études portant spécifiquement sur le sommeil polyphasique.
Par ailleurs, à la lecture de ces rapports, je me demandais si le SP ne pouvait pas avoir justement des effets bénéfiques sur les désordres qu’ils décrivent. Un mode Everyman régulier permet d’éviter les fatigues justement, le corps apprend à récupérer plus rapidement… Je peux même parler de travail de nuit puisqu’il m’arrive de travailler de nuit (de manière aléatoire donc, non régulière), et dans ce cas le sommeil polyphasique est un vrai atout, je fais une pause sommeil et ça repart, tandis que mes collègues sont autrement plus fatigués…
Dans le même ordre d’idée, il me semble que les effets d’un rythme de sommeil sont aussi conditionnés par son acceptation psychologique. La réduction de sommeil chez un ouvrier qui va travailler de nuit sur un travail pénible et non choisi est à peine comparable à une réduction volontaire de sommeil dans des conditions moins pénibles. Le fait notamment d’avoir fait soi-même le choix, d’être le moteur du changement, est un élément de différenciation à mes yeux primordial. La « sérénité » nocturne que j’évoquais s’en ressent !!
D’ailleurs, la motivation, facteur important de la réussite ou de l’échec d’une tentative d’adaptation au SP, montre combien l’aspect psychologique de la question ne doit pas être négligé.
Reste effectivement qu’il faut en effet en passer par la période d’adaptation, pendant laquelle le corps est soumis à un stress très important. Tu parles de troubles gastriques, je comprends que tu aies reculé. En même temps on connait ce stress d’entrée de jeu, et le principe de l’adaptation consiste précisément à passer au-delà. Pour ma part j’avais également relaté un épisode qui aurait pu lui aussi me faire reculer. Oui il y a une part d’inconnue, et oui, il y a donc une part de risque.
4 Comments
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Merci beaucoup pour ce long billet en guise de réponse. Je pense qu’effectivement il est difficile d’extrapoler les conclusions de ces deux articles au sommeil polyphasique et qu’une réelle étude scientifique sur ce sujet serait nécessaire. Cependant il est, à mon avis, important de comprendre ce à quoi on soumet son corps. Ces deux articles montrent que l’on ne peut pas faire n’importe quoi avec le rythme biologique humain et que tout changement a ses conséquences. Ne dit-on pas que « Le sommeil est la moitié de la santé ».
Pour ma part, je pense que je retenterai un jour le SP, peut-être avec une préparation spécifique relatif à mon alimentation. En tout cas, d’ici là, je continuerai à suivre ton aventure et te remercie encore pour l’expérience partagée.
Une petite citation de Schopenhauer pour finir « Le sommeil est un emprunt fait à la mort pour l’entretien de la vie ».
Mon opinion sur le SP est forcément liée à mon expérience, et je trouve que les bienfaits avérés du SP (moins de fatigue ! ….), que j’ai vécus, sont totalement ignorés au profit de risques potentiels à venir.
J’appelle de mes voeux une étude scientifique qui sache faire la part des choses !
Bonsoir (ou bonne nuit/sieste) je ne sais pas trop (c’est ça le problème du SP. Voila, je ne savais pas trop comment te joindre donc je le fais ici. Déjà merci pour ton site qui est très bien fournit et pour ta bonne humeur sur tes vidéos !
Je suis en première année de médecine (1ere tentative) et à l’issu du concours de mon 1er semestre je suis arrivé à une position où j’ai une chance très faible d’avoir mon concours mais qui existe toujours (ce qui est pas mal déjà !). Je me suis tourné vers le SP qui m’intéressait au plus haut point afin de gagner du temps de travail. Si ça t’intéresses je pourrais faire une vidéo de mon expérience à l’issu de ce semestre pour ton site ? Je pense au travail de Thibault et j’ai pensé au mien qui est tout autre car je dois essentiellement apprendre. J’ai essayé durant mes courtes vacances l’Uberman : gros échec, mon cerveau ne veut rien savoir. Depuis aujourd’hui je tente l’Everyman en 3h+2×30min. Mais mon objectif final reste d’arriver à Uberman pour ma période de révision (ou je n’aurai justement quasiment plus rien a apprendre mais juste à réviser). Et pour y arriver je pensais à un intermédiaire une fois bien habitué à Everyman qui serait 1h30+3×30min puis 1h30+3×20min et enfin du pur Uberman. Je ne sais pas si c’est viable. Es-tu passée directement de Uberman à Everyman ou par étapes ?
Bonjour Aurélien,
Pour ma part, je suis passée directement d’Everyman à Uberman. J’ai également pensé à expérimenter la solution intermédiaire mais je ne l’ai pas fait. Ton retour d’expérience m’intéresse donc particulièrement !
Ok pour que tu mettes une vidéo sur La Fabrique des Idées. A bientôt !
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