Un an après ma 1ère expérience, 6 mois après la 2nde, me voici donc repartie pour une semaine de jeûne.
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Comme je l’indiquais chez Mona Lisa en commentaire, comme elle je ne suis pas convaincue par les bienfaits physiques du jeûne : plus exactement je ne peux rien conclure, ni en bien ni en mal. Le jeûne a sans doute des effets intérieurs, mais je ne les vois pas et je ne les sens pas. Si j’étais malade et que le jeûne ait un effet bénéfique sur la maladie, je pourrais le dire… mais je ne suis pas malade. De même, les effets – bénéfiques ou non – du jeûne à long terme sont par définition indécelables.
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Et pourtant je recommence. Illogique, pensez-vous ?
Nullement.
Je n’attends pas du jeûne une peau plus jeune, une guérison, ni même des bienfaits physiques à long terme. Je n’en attends pas ce que je ne vois pas ni ce que je ne sais pas.
J’en attends autre chose. Des bienfaits non pas physiques mais mentaux.
Voilà près de 10 mois que je suis un rythme de sommeil polyphasique, il est donc temps de faire un petit bilan d’étape, et ce d’autant que ces dernières semaines ont été quelque peu irrégulières.
Avec le recul, les mois d’hiver auront été très réguliers, j’ai pu suivre mon rythme de sommeil (3h10 la nuit + 3 siestes de 20 mn en journée) sans trop de difficultés, malgré les irrégularités dues au travail.
Mais depuis le 21 mars (précisément !), j’ai le sentiment d’être beaucoup plus sujette aux dépassements. Ce que j’appelle dépassements : le fait de faire une sieste de 1h ou 1h30 au lieu de 20 mn, le fait de prolonger la sieste nocturne de 3 heures 2 fois par semaine… Bref, toutes les variations du rythme qui, accumulées, tendent à faire dérailler le système : en effet, si je dors trop à un moment de la journée, j’aurai du mal à m’endormir lors de la sieste suivante, mais du coup après je serai plus fatiguée que d’ordinaire, etc.
C’est le printemps !
En fait, ces difficultés n’ont qu’une origine commune : depuis le 21 mars, la sieste du matin. Brusquement, ce qui ronronnait sans heurts se met à capoter, et les 20 royales minutes de ladite sieste filent si vite qu’elles sont déjà passées. Déjà ? Il est temps de (re)commencer la journée, et j’ai envie d’aller me coucher.
Sans toucher au caractère polyphasique du sommeil, j’ai donc tenté une adaptation. Aux 3 siestes qui se succèdent toutes les 5 heures, j’en ai rajouté une 4ème. A l’aube vers 5 heures, en décalant tant que possible la sieste matinale vers 8h30.
Une sieste de plus, 20 mn de sommeil concentré en plus, j’allais péter la forme.
Et de fait, je reste fascinée – après des années d’insomnie – de m’endormir quand même très souvent 5 fois par jour comme un bébé. Super… mais peut-être m’endors-je justement trop bien, car ça n’a rien résolu du tout ! Et j’ai continué à expérimenter ces pénibles dépassements.
Alors quoi ?
Relâchement alimentaire, en partie lié, en mars, à l’arrêt de la cigarette ?
Arrêt de la cigarette ? (qui m’aurait permis de mieux tenir jusque-là ?)
Ou simplement un relâchement général : plus de liberté avec les horaires, moins de concentration sur le fait de s’endormir, plus tendance à laisser mon esprit vaquer à gauche à droite…
Bon, là je commence à me demander dans quoi je me suis lancée…
J’aborde ici 2 points : d’une part, le programme alimentaire -type d’une journée de jeûne, et d’autre part j’essaie (maladroitement, mais bon…) de vous mettre en garde : le jeûne peut être dangereux, et les personnes en surpoids ou les personnes malades ne devraient pas se lancer inconsidérément. Le jeûne est interdit en France (plus précisément : le corps médical français l’interdit… Vous ne pouvez donc pas vous faire suivre par un médecin), mais par contre :
(Chez moi la vidéo marche quand on est sur la page de l’article – en cliquant sur le titre – mais pas quand on est sur la page d’accueil du site…. :-/)
Le printemps a encore frappé ! Après avoir arrêté de fumer, après avoir repensé toute mon organisation avec Getting Things Done, me voilà embarquée dans une nouvelle aventure : briser l’évidence selon laquelle on aurait besoin de manger chaque jour. Jeûner, ne plus manger, ne plus s’alimenter.
La négation peut donner le sentiment qu’il ne s’agit que de renoncement, et certains d’entre vous y verrez peut-être la volonté de dissoudre le plaisir, de l’anorexie peut-être aussi. Bien au contraire !!
Le plaisir que je cherche est en effet plus proche de celui des Stoïciens que du plaisir consumériste/bachique de la société actuelle, mais il s’agit bien de plaisir. Voici donc en 4 points les plaisirs auxquels je compte bien goûter pendant ou à l’issue de cette première expérience de jeûne.
Infections, inflammations, hormones de croissance réduites, somnolence, perte d’attention, dépression… Ah, j’oubliais les maladies cardio-vasculaires !
De quoi s’agit-il ? Du charmant programme (tapi dans l’ombre, bien entendu) qui attend le fougueux aventurier du sommeil polyphasique ???
Ra-tééé !!!
Bon, pas de surprise (désolée !) pour ceux d’entre vous qui me suivent depuis quelques temps. A tous les autres, permettez-moi ce cri du coeur : cessez d’amalgamer sommeil polyphasique et fatigue !
Car oui, tous ces symptômes énumérés sont ceux de la fatigue, et n’en déplaise au « bon sens », et aux éconduits aventuriers qui ont tenté et abandonné l’expérience, NON la fatigue n’est PAS égale au sommeil polyphasique. Et les symptômes de la fatigue n’envahissent PAS plus la vie de la décervelée polyphasique que je suis aujourd’hui que celle de la toute aussi décervelée monophasique que je fus. Au contraire.
Pour bien commencer ma 3ème partie sur la santé à long terme du dormeur polyphasique, voici un petit topo sur la fatigue.
Après avoir traité de la période d’adaptation, voici les développements que je peux apporter concernant la santé d’une dormeuse polyphasique au long cours.« Au long cours » : j’entends par là plus de 6 mois. La limite peut paraître arbitraire, mais je l’ai trouvée significative. Il me semble que passés les 6 premiers mois, mon corps a franchi un palier et a accepté son nouveau rythme de croisière. Puredoxyk, qui dort ainsi depuis plus de 2 ans, parle elle aussi d’un palier significatif à 6 mois.
Evidemment, il y a un autre long cours, dont je vous parlerai quand j’aurai 20 ans de sommeil polyphasique derrière moi !
Mais il est un peu tôt pour en parler.
Je sais que des études sur ces types de sommeils ont été menées sur les skippers par le Dr.Stampi, mais à ma connaissance elles ne portent pas sur des durées supérieures à 6 mois. Je serais très heureuse d’avoir des données fiables sur le mystère dans lequel je m’enfonce, un peu de visibilité sur les effets à long terme de l’expérience que je mène. Pour l’heure, je vous soumets ici les constats que je peux faire sur la base de mon expérience, après 8 mois et demie de sommeil polyphasique sur le mode Everyman.
Suis-je fatiguée ? Bah, ça va plutôt bien, et vous ? Continue Reading
Arrêter de fumer : voilà que je viens de recycler par inadvertance une vieille résolution de 2008 ! Au 1er janvier 2009, je repensais avec agacement à cette résolution qui me collait aux baskets depuis un an et qui n’en finissait pas de venir chatouiller ma mauvaise conscience… J’y repensais sans volonté, en justifiant mon inaction par mes métamorphoses-de-2008-déjà-suffisamment-nombreuses, et vraiment, sans la moindre intention de passer enfin aux actes… et voilà que je viens de franchir l’infranchissable barrière… qui n’est vraiment impressionnante que de l’autre côté, du côté fumeur, car maintenant, je me demande pourquoi je n’ai pas fait le pas plus tôt…
Précisons d’emblée que c’est la 3ème fois que j’arrête, et que je compte bien que ce soit la bonne, finies les conneries. J’ai rechuté 2 fois, bien assez je pense pour être prévenue des risques possibles.
Mais bon, il y a un mois je n’avais pas cette volonté… Ca m’a pris par hasard, en entendant à la radio quelque chose du genre :
« on ne sollicite pas les mêmes zones du cerveau quand on pense au présent et quand on pense à l’avenir. Le passage de l’une à l’autre peut être très difficile, et c’est ce qui explique par exemple qu’un fumeur qui pense arrêter de fumer ait tant de mal à arrêter en effet : il projette cette idée dans l’avenir, mais n’arrive pas à la faire passer dans la zone du présent…«
Mon souvenir n’est pas très scientifique peut-être, mais voilà ce que j’ai retenu, et cette phrase a fait déclic. Moi qui n’avais PAS DU TOUT envie d’arrêter de fumer, et PAS DU TOUT l’intention non plus, je me suis inclinée devant l’évidence : DEMAIN SERA TOUJOURS DEMAIN. De là, 2 choses l’une : soit je me revendique comme fumeuse heureuse et épanouie (il faut fumer pour y croire), soit je contemple une fois de plus les si nombreux inconvénients de la cigarette, et j’arrête maintenant. Au présent.
Vous voulez des épreuves ? Vous voulez vivre à plein ? Venir à bout des ennemis les plus farouches ? Percer les mystères les plus épais, résoudre les énigmes les plus improbables ? Vous dépasser ? Gagner enfin ? Soyez un aventurier de vous-même ! Auto-formez-vous !!
Quoi c’est pas sexy ? C’est pas excitant ce que je vous propose ? Aah mais détrompez-vous !! Vous êtes déjà dans le jeu, acteur sans le savoir de la 1ère épreuve : Percer le Miroir, Voir Loin Renverser les Apparences : victime malgré vous de l’hydre des idées reçues vous avez dans la tête une image de la formation rêche, poussiéreuse, bref, pas bandante.
Des souvenirs de mômes vous traversent l’esprit, souvenirs d’école, souvenirs d’ennui, prisonnier de la classe alors qu’il fait si beau dehors… Souvenirs aussi de savoirs difficiles, qui – soyez francs- auraient pu, auraient su vous passionner s’ils n’avaient été marqués par le sceau infâme… de l’OBLIGATION.
Ce terme de « formation » vous est pénible : loin des jingles sucrés et lisses étudiés pour vous plaire, bien au contraire il crisse à vos oreilles, vous rappelle à l’ordre comme la voix d’un supérieur hiérarchique ou celle des « dures réalités économiques » qui vous pressent : de « développer de nouvelles compétences », d’ »améliorer votre employabilité », de vous former à tel logiciel d’entreprise que vous trouvez tellement rébarbatif, tellement… chiant.
Là encore, l’OBLIGATION marque la formation de son empreinte, l’écrase sous son joug autoritaire en brandissant la peur, peur de l’avenir, peur de ne plus être à la hauteur, d’être dépassé rejeté licencié ringardisé si on ne se forme pas.
Bien. Maintenant qu’on a fait le tour des idées reçues, on peut en débarrasser le plancher.
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