La croisée des Blogs de ce mois-ci, organisée par Michael d’Esprit riche, a pour thème : “Si vous n’aviez plus jamais à travailler pour de l’argent, que feriez-vous?”
La perspective est plaisante, mais elle paraît inaccessible. Pourtant, par des moyens détournés, il y a peut-être moyen d’en faire autre chose qu’un rêve de Noël.
Si je ne devais plus jamais travailler pour de l’argent… je vivrais pareillement, mais libérée de toute angoisse de l’avenir.
Je choisirais l’activité qui me plaît le plus, et me débarrasserais des bouffe-temps que constituent les activités lucratives que je n’aime pas.
Sans jamais cesser cependant d’être active, de définir un objectif et d’avancer vers cet objectif, même si certains paliers sont difficilement accessibles, même si certaines étapes sont pénibles.
Ne plus jamais travailler pour de l’argent ne signifie pas pour moi choisir une vie facile, dénuée de toute contrainte. J’ai besoin de me sentir avancer, de me sentir passer au-delà des difficultés avec la satisfaction d’avoir su les traverser.
Une vie sans difficultés, c’est trop mou, on ne se sent pas vivre. Je pense que même ceux d’entre vous qui en rêvent s’en lasseraient vite.
En définitive, j’y trouverais moins d’angoisse, et plus de liberté de choix quant à mes activités.
Mais pourquoi faudrait-il attendre l’improbable pour s’engager sur cette voie ? Pourquoi faudrait-il se contenter de rêver ?
Continue Reading
Suite à mes 2 articles récents traitant de près ou de loin de la situation économique actuelle, je vous invite à découvrir le LEAP/Europe 2020 : sous ce nom indigeste se cache le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, un think tank européen aux analyses décapantes.
Je suis ses prévisions depuis un an et demi (par newsletter), et elles sont non seulement passionnantes, mais surtout remarquablement justes (jusqu’ici en tout cas) : dès février 2006, le LEAP/Europe 2020 prévenait de l’ampleur de la crise (de manière étayée il va sans dire, en détaillant les causes), et affine depuis cette date ses prévisions, en distinguant les différentes étapes de la crise à venir et son timing.
Ainsi, je lisais il y a un an le détail de ce qui s’est produit depuis cet été. Timing compris. Alors que j’entendais, au même moment, hommes politiques et économistes ayant pignon sur rue nous passer de la pommade, « le plus dur est passé », etc etc.
(Pour ma part, je ne comprends pas qu’on accorde encore tant de crédit à des « spécialistes » qui se sont si souverainement trompés…)
Je vous invite à lire l’interview du directeur du LEAP, Franck Biancheri, qui vous permettra de faire connaissance. En voici quelques extraits :
Politique, relations internationales, sociologie, institutions, économie, finances, linguistique, éducation… C’est la multidisciplinarité et le multilinguisme qui sont la norme dans notre fonctionnement, associées à deux principes fondamentaux : utiliser au maximum l’expérience de terrain des praticiens plutôt que les réflexions académiques; et connaître réellement les régions et les pays concernés (ce qui signifie notamment en connaître autre chose que les capitales et les élites dirigeantes).
(…)
[Pour permettre à l'Europe d'avoir une visibilité au-delà de 2/3 ans], il n’y avait nulle part de structure possédant les doubles conditions essentielles : une réelle dimension européenne et une réelle indépendance des pouvoirs dominants. En effet, il n’existait que des « think-tanks » nationaux, donc incapables d’appréhender la dimension européenne, ou des « think-tanks » dépendants financièrement des institutions européennes. Nous avons donc décidé de construire les outils méthodologiques et les structures permettant de combler ce déficit majeur (…)
(…)
La crise n’est rien d’autre qu’un moment de transformation du monde. C’est à nous, citoyens actifs, éduqués, responsables, vivant dans des espaces démocratiques, que revient le rôle essentiel d’essayer de limiter les conséquences négatives de la fin de l’ordre ancien; et au contraire de contribuer à faire émerger au plus vite les nouvelles potentialités du monde de demain. De toute façon, on ne choisit pas son époque, mais on se choisit dans son époque. En anticipant un petit peu les évènements, on peut parvenir à se choisir un rôle plus utile pour ses contemporains, et surtout pour nos enfants.
Le site du LEAP/Europe2020 est ici. Les analyses complètes sont payantes, mais vous pouvez comme moi avoir accès à leur résumé, et à une sélection d’articles intéressants, en vous inscrivant à la newsletter (je ne la trouve pas en français, mais il suffit d’ouvrir le site depuis la newsletter et de cliquer sur « Français » pour avoir la traduction)
Je sors ici du cadre strict d’un blog de développement personnel…(quoique ?)… Il se trouve que j’ai écouté ce matin une émission de radio : « Les banques solidaires et la crise » .
Cette émission a déclenché toute la recherche que je vous soumets ici. J’espère que vous y trouverez de l’intérêt… et -qui sait- changerez vous aussi de banque ?
Objectifs :
- savoir ce que je finance ;
- Que ce que je finance fasse avancer la société (et non la reculer). Que mon épargne serve en particulier la cause d’un développement durable, en particulier écologique.
- Ne pas confier mon épargne à une banque qui spécule sur 30 fois le montant de mon épargne (1 euro épargné par moi lui donne le ‘droit’ d’en jouer 30…)
- Ne pas me retrouver, dans quelques mois (semaines ou années), avec une banque en faillite parce qu’elle aura perdu 30 fois ce qu’elle me doit…
- Ne pas me retrouver, dans quelques mois (semaines ou années), avec une épargne qui aura fondu « au soleil »…
Continue Reading
(Cet article fait partie de la chaîne de la Croisée des Blogs, que vous pouvez découvrir plus en détail ici.)
Qu’est-ce qu’une situation désespérée ?
C’est : – une situation présente,
- ou bien la situation à venir que laisse deviner la pente de la situation présente,
qui entre en contradiction avec mes espoirs (ce moi est bien évidemment générique !
) ou avec nos espoirs collectifs. Ces espoirs peuvent porter sur ma vie, sur la vie d’un proche, sur la société.
Cette contradiction m’apparaît sans issue favorable ( c’est-à-dire non conforme à mes espoirs, ou à nos espoirs collectifs).
Je me focaliserai ici sur les situations graves qui amènent à reconsidérer sa vie autrement, détruisant au passage une bonne part des espoirs d’avant.
Exemples :
- J’ai perdu/je vais perdre celui/celle que j’aime ;
- J’ai perdu/je vais perdre mon travail ;
- J’ai perdu/je vais perdre mon logement ;
- La situation biologique de la planète est catastrophique et les mesures prises ne sont pas à la hauteur : une catastrophe est donc probable ;
- La situation économique de notre société est catastrophique et les mesures prises ne sont pas à la hauteur : une catastrophe est donc probable ; ce qui aura des répercussions probables sur mon travail, mon logement, etc.
Précisons d’emblée que la vision froide que je présente ici n’est pas le fruit d’un esprit arrogant qui donnerait ses bons conseils du haut d’une chaire de coton. J’ai ma part de doutes, d’angoisses, d’interrogations, je n’en suis pas sortie. J’ai eu ma part de désespoir, de dépressions, d’absence d’avenir… J’ose croire que j’ai suffisamment changé pour ne pas les revivre. Je pense simplement que les pistes présentées ici sont des guides à approfondir pour éviter de sombrer psychologiquement au moment même où la situation exige de nous qu’on rassemble toutes nos ressources.
Un constat difficile à avaler
- L’inconvénient des affects
La situation (présente, à venir) m’apparaît désespérée parce que je perds quelqu’un/quelque chose, parce que la société perd ses fondements… Sentiment de perte, perte notamment d’un morceau d’identité… et si je fais le deuil de ces pertes, restent encore la peur de l’inconnu, et la peur de manquer de ressources (intellectuelles, mentales, sociales…) capables de me faire rebondir dans la situation nouvelle. Souffrances. Peurs.
Tant que je reste le nez dans mes affects je m’empêche d’avancer. Dans ces conditions, mieux vaut observer la situation dite désespérée d’un oeil froid.
- La situation (présente ou à venir) n’est jamais désespérée par elle-même
Elle n’apparaît désespérée que si je la confronte à mes espoirs.
La situation peut être objectivement grave (au niveau individuel : perte de son travail, de son logement… / au niveau collectif : perte de la diversité biologique de la planète, conséquences sur l’humanité…) mais aussi grave soit-elle, elle n’est jamais désespérée en elle-même : c’est le regard que nous portons sur elle qui nous la fait apparaître comme désespérée. Regard chargé de nos espoirs (au niveau individuel : fonder une famille, avoir de quoi vivre… / au niveau collectif : que notre société ne s’effondre pas, que notre démocratie ne s’effondre pas, que la diversité biologique ne s’effondre pas…). En elle-même, la situation est telle qu’elle est, point. C’est notre regard qui la charge d’affects.
Faire cette distinction, situation neutre d’un côté, espoirs de l’autre, permet de prendre du recul, à la fois vis-à-vis de la situation et des espoirs.
- De la situation : en prenant ses distances par rapport au désespoir, à la peur, au fatalisme, on retrouve des capacités d’action qu’on pensait réduites à néant, et on libère ses capacités créatives, qui peuvent nous faire apparaître de nouvelles options qu’on n’envisageait pas.
- Des espoirs surtout, qui trop souvent nous empêchent d’élaborer des alternatives. En les envisageant de loin, on peut plus facilement accepter d’y renoncer, de les redéfinir en conscience, ou d’en élaborer carrément d’autres.
Continue Reading
Commentaires récents